Le village de Pathé Bàdio a accueilli la rencontre inter-villageoise lancée par l’ONG Tostan. L’objectif de la rencontre, qui a réuni plusieurs personnes venues de 15 villages différents, est de les inviter à prendre des décisions fermes pour lutter contre les violences basées sur le genre et les mariages précoces, ainsi qu’à les appliquer.
Le village de Pathé Bàdio, situé à moins de 10 km de la ville de Richard-Toll, a accueilli avec succès une Rencontre Inter-villageoise (RIV) marquant la clôture des campagnes de sensibilisation contre les mariages précoces et les violences basées sur le genre (VBG). Organisée par les communautés de 15 villages de la commune, avec l’appui technique de l’ONG Tostan, cette rencontre a réuni hommes, femmes, garçons, filles, élus locaux, chefs religieux et leaders traditionnels autour des droits humains et du changement social positif. L’objectif principal de cette journée était de créer un espace de dialogue inclusif permettant aux participants de mesurer les progrès réalisés et de consolider les acquis des campagnes menées ces derniers mois. Les discussions, riches et fraternelles, ont porté sur l’importance du respect des droits humains, notamment le droit à l’éducation, à la santé et à la protection des enfants. Les échanges ont mis en lumière les conséquences néfastes de l’excision et des mariages d’enfants sur le développement des filles, la santé des mères et l’avenir des communautés. Comme cela s’est produit à plusieurs reprises dans la région, cette rencontre a été le théâtre d’engagements concrets. Les populations des 15 villages, après des débats ouverts et constructifs, ont réaffirmé collectivement leur décision d’abandonner définitivement l’excision et les mariages précoces. Ces résolutions, prises publiquement en présence des autorités coutumières et religieuses, confèrent une forte légitimité sociale aux changements adoptés. Cependant, le coordonnateur de Tostan au plan local, Abou Amadou Diack, a insisté sur l’importance d’organiser des assemblées générales dans les différents villages concernés, non seulement pour une prise de décision collective, mais aussi de les appliquer. « Il arrive que des gens prennent des engagements à ne plus donner en mariage leurs filles ou leur faire subir l’excision. Mais une fois que l’occasion se présente, ils agissent différemment », indique-t-il.
Au-delà de l’abandon des pratiques néfastes, les RIV ont également permis de renforcer les partenariats communautaires en matière de développement. Les participants ont échangé sur des initiatives porteuses : inscription des enfants à l’état civil dès la naissance, promotion de l’éducation des filles, amélioration de l’accès aux services de santé et projets économiques inclusifs. La large diffusion des informations et l’implication massive des différentes parties prenantes ont créé une masse critique favorable à ces transformations au sein des communautés peules de la zone. L’atmosphère qui a régné à Pathé Bàdio témoigne d’une réelle dynamique de changement : les leaders traditionnels et religieux, souvent garants des coutumes, se sont positionnés en véritables acteurs du progrès. Les jeunes, garçons comme filles, ont pris part à la rencontre, signe d’une évolution générationnelle encourageante.
Cette rencontre inter-villageoise s’inscrit dans la continuité du programme de Tostan et renforce la mobilisation communautaire durable dans la commune de Mbane. Elle démontre qu’un changement social positif, respectueux des cultures et porté par les communautés elles-mêmes, est non seulement possible, mais déjà en marche. Ainsi, le coordonnateur de l’initiative affirme que d’ici la fin de l’année, une mission de suivi sera déployée dans les villages concernés.
Tidiane SOW (Correspondant)


