Les rideaux sont tombés sur la 123ᵉ édition du gamou annuel de Pire dont le dernier acte s’est joué dans la nuit du 6 au 7 décembre avec des louanges sur le prophète et une conférence religieuse. L’édition 2025 a également été marquée par la cérémonie officielle où l’État du Sénégal s’est fait représenter par le ministre d’État auprès du président de la République, chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». À cette occasion, le Khalife de Pire, son excellence Papa Abdou Cissé, a invité l’opposition à ne pas être négativiste.
Parlant de la dette du Sénégal, le Khalife de Pire dira que l’opposition doit reconnaître les efforts consentis par l’actuel régime pour maintenir le pays dans la stabilité économique après une dette faramineuse trouvée sur place, reconnue et attestée par les institutions nationales comme internationales ainsi que par des cabinets d’experts fiables. À l’en croire, on peut s’opposer tout en reconnaissant la réalité des faits et en ne pas être négativiste. L’opposition doit cesser de nier l’existence de cette dette.
Parlant des relations entre guides religieux et autorités de l’État, il a tenu à préciser qu’un guide religieux peut soutenir un régime mais cela ne fait pas de lui un politicien. Son rôle est d’accompagner la mise en œuvre des politiques publiques et il peut le faire de plusieurs façons : par des prières, des médiations ou en faisant des déclarations publiques.
Abordant les relations entre le président de la République et le Premier ministre, le Khalife de Pire estime qu’elles ne sont pas aussi graves qu’on veut le faire croire à l’opinion. C’est une exagération car le président de la République et son Premier ministre sont en train de se concerter conformément à leurs rôles respectifs.
Le Khalife de Pire s’est réjoui de la présence de l’ensemble des délégations venues des différentes confréries du Sénégal à ce gamou annuel. Une manière de confirmer le vivre-ensemble des différentes confréries et religions au Sénégal. Il a magnifié également la présence des fidèles venus de partout et particulièrement des daïras et fédérations qui ont renouvelé leur allégeance à Pire.
Il a remercié les autorités de l’État qui ont, non seulement, accompagné l’organisation matérielle du gamou mais ont délégué un ministre d’État en la personne d’Ahmadou Al Aminou Lo à la cérémonie officielle. Il a remercié les autorités administratives que sont le sous-préfet de Pambal, le préfet de Tivaouane et le gouverneur de la région de Thiès pour leur implication totale pour la réussite de l’évènement.
Le message du gamou sur la cohésion sociale
Le message du gamou a été lu, lors de la cérémonie officielle, par Serigne Khalifa Babacar Cissé, fils aîné du défunt Khalife, Serigne Moustapha Cissé, avec comme thème la cohésion sociale. Il a démarré ses propos en rappelant que Dieu a épargné le Sénégal des conflits liés à la croyance car plusieurs religions vivent ensemble en paix depuis toujours. C’est la même chose concernant des antagonismes ethniques, ce qui a toujours été le ciment de la cohésion sociale.
Le Khalife, à travers ce message, invite-les Sénégalais à veiller à cette cohésion sociale qui est le socle de tout développement humain. Elle facilite la tâche aux dirigeants d’un pays surtout dans un monde où les défis et les menaces sont nombreux dans les domaines économique, sanitaire, sécuritaire et en éducation. Seule une cohésion sociale peut épargner le Sénégal des crises qui minent la sous-région, estime Serigne Khalifa Babacar Cissé qui a magnifié le rôle des forces de sécurité.
Cependant, cette cohésion sociale doit commencer dans les familles, a souligné le porteur du message du gamou. La cohésion sociale est une recommandation divine confortée par le prophète Mohamed (PSL), a-t-il rappelé. À l’en croire, les taxes et les impôts qui font débat présentement au Sénégal sont une sorte de cohésion sociale économique. Chaque citoyen doit contribuer du peu dont il dispose pour l’intérêt général en finançant des projets structurants et bénéfiques pour tous.
Malheureusement, au Sénégal, les gens n’ont pas l’habitude de payer des taxes et des impôts alors que dans d’autres pays, c’est ce qui est à l’origine de leur développement socio-économique, a déclaré Khalifa Babacar Cissé.
Le message du représentant de l’État
Prenant la parole, Ahmadou Al Aminou Lo a transmis les salutations des autorités de l’État au Khalife de Pire avant de revenir sur le rôle historique de cette localité, terre de l’islam, qui a abrité la première université islamique du Sénégal. Il a rappelé l’origine du gamou, initié depuis 1902, montrant la détermination des anciens, à travers Seydi El Hadji Malick Sy et Tafsir Mame Abdou Cissé, à assumer la lourde charge de propagation du message prophétique par le biais des confréries.
Il a sollicité des prières pour un Sénégal uni. Le chef de la délégation officielle a témoigné de la volonté du président de la République et du Premier ministre à œuvrer exclusivement pour un Sénégal souverain, juste et prospère, ancré sur des valeurs fortes, slogan de l’agenda « Sénégal 2050 ». Concernant les valeurs, le ministre d’État estime que la religion a un rôle essentiel à jouer. C’est pour cela qu’il a invité les chefs religieux, s’adressant au Khalife de Pire, à sensibiliser leurs disciples et les populations de manière générale à travailler pour une cohésion sociale, ciment d’un développement socio-économique.
Conscient de ces enjeux, le président de la République a renforcé la direction des affaires religieuses en la transformant en délégation générale des affaires religieuses. Une manière d’augmenter le soutien des autorités étatiques à celles religieuses dans leur mission de régulateurs sociaux et de gardiens du temple. Ahmadou Al Aminou Lo a tenu à rassurer l’opinion sur les relations entre le président de la République et le Premier ministre.
« Je suis très proche du président de la République et du Premier ministre, je sais qu’ils ont une ferme volonté de travailler pour le développement du Sénégal à travers l’agenda Sénégal 2050. Leur objectif est de réussir cette transformation dans 25 ans, avec des valeurs fortes. Ils sont de vrais croyants. Ils aiment leur pays et la religion. Ils sont conscients de leur responsabilité et ils sont en train de tout faire pour relever le défi, malgré les divergences », a témoigné le ministre d’État.
Le contrat social était clair avant et après l’indépendance mais cela est en train d’être menacé et chacun a une part de responsabilité pour préserver et renforcer ce pacte social qui a toujours été le fondement d’un Sénégal stable, a rappelé Ahmadou Al Aminou Lo, au nom du président de la République. À l’en croire, le seul souci du Premier ministre est la discipline. Avoir un peuple discipliné qui comprend les véritables enjeux de l’heure est une condition sine qua non pour la réussite de l’agenda « Sénégal 2050 » car le pays dispose de tous les atouts pour se développer, a-t-il rapporté.
Ibrahima NDIAYE (Correspondant)


