Alors que la vente des serviettes hygiéniques Softcare est désormais interdite, la parole se libère. Entre douleurs chroniques et irritations sévères, de nombreuses femmes dénoncent un danger de santé publique et appellent l’État à renforcer d’urgence le contrôle des produits de santé destinés aux plus vulnérables.
À la suite d’une inspection de l’usine de la marque Softcare, l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) a ordonné l’interdiction de vente de ses produits. Cette décision fait suite à la découverte de matières premières périmées dans la chaîne de fabrication de produits destinés aux femmes et aux enfants.
Dans le sillage de cette affaire, de nombreuses utilisatrices témoignent de la piètre qualité de la marque. C’est le cas d’Aminata qui, après avoir utilisé des serviettes hygiéniques Softcare, a développé de fortes démangeaisons, suivies d’une éruption cutanée ayant évolué en abcès, l’obligeant à consulter un médecin. « J’avais acheté un paquet depuis les vacances. Après une brève utilisation, j’ai eu des démangeaisons et je n’arrêtais pas de me gratter. Cela m’a donné un abcès.
L’État devrait veiller à la qualité des produits notamment ceux qui concernent la santé de la population. Les vendeurs ne se préoccupent pas de notre santé mais de leur business », confie-t-elle. Les témoignages accablants ne s’arrêtent pas là. Aminata pointe également du doigt une autre marque, « Perfect », qu’elle juge tout aussi nuisible. De son côté, Ndèye, enseignante, affirme qu’elle évitait déjà les produits Softcare, préférant les protections de qualité distribuées par une Ong.
Pour elle, le retrait du marché décidé par l’Arp n’est pas une surprise. Un avis partagé par Awa, commerçante, a toujours douté de la fiabilité du produit affirmant que le prix anormalement bas était déjà un signal d’alerte. Elle souligne que le prix de ces produits est nettement inférieur à la concurrence. Après une unique expérience avec Softcare, elle a décidé de changer de marque. Elle décrit une sensation de brûlure liée à un parfum mentholé. « Cela provoque des démangeaisons et des douleurs persistantes. C’est un produit qui rend le quotidien inconfortable », explique-t-elle.
La quadragénaire souligne que beaucoup de femmes n’utilisaient plus ce produit. Pour elle, l’État doit davantage contrôler la mise en circulation des serviettes hygiéniques. « C’est une occasion pour le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique d’inspecter les autres serviettes hygiéniques pour les femmes et les enfants », suggère-t-elle. Les témoignages de victimes se multiplient, à l’image de Satou, résidente de la cité Soprim, qui lie ses infections et irritations répétées à l’usage de Softcare. Pour elle, le constat est sans appel : la santé des femmes est menacée.
À l’inverse, Fatim, la vingtaine, apporte une nuance en déclarant n’avoir subi aucun désagrément, bien qu’elle prône désormais la prudence. Le facteur financier reste cependant au cœur du problème. À Grand-Yoff, une mère de famille explique avoir poursuivi l’utilisation des serviettes Softcare malgré les réactions cutanées de son nourrisson, faute de moyens. « C’est l’un des produits les moins chers sur le marché », justifie-t-elle pour expliquer ce choix par dépit.

