Construite au début des années 1960, la grande mosquée de Thiallane connaît une cure de jouvence. Depuis presque trois mois, l’édifice religieux est en train d’être réhabilité. Le coût des travaux est estimé à 42 millions de FCfa.
FATICK- Soixante-trois ans après sa construction, la grande mosquée de Thiallane, village situé dans le département de Fatick, s’offre une nouvelle jeunesse. Portant le poids des années, plusieurs parties de l’édifice commençaient à céder. Face à cette détérioration, la population s’est mobilisée pour sa réfection complète, désireuse de redonner son éclat d’antan à ce lieu de culte emblématique. Véritable symbole du village, la mosquée a bercé le quotidien de plusieurs générations. Bâtie dans la partie méridionale du village, elle se distinguait de loin grâce à son imposante coupole de 7 mètres de diamètre, qui baignait sous l’ombre généreuse des baobabs et des caïlcédrats. Dès l’entrée du village, son minaret s’élevait fièrement au-dessus des habitations et de la végétation dense. Aujourd’hui, le chantier estimé à 42 millions de FCfa figure parmi les projets les plus importants de Thiallane. Selon l’ingénieur Fodé Diadhiou, directeur technique de l’entreprise Expertise Al Amine en charge des travaux, le chantier devrait s’achever d’ici à octobre 2026. Sur place, l’engagement communautaire est total. Jeunes, femmes et aînés ont tous retroussé leurs manches. Chaque jour, des personnes du troisième âge se rassemblent à l’ombre du grand arbre jouxtant l’édifice pour observer l’avancée des travaux. L’atmosphère est à la fois laborieuse et joyeuse : le rythme des marteaux répond à l’énergie des jeunes.
Sur le plan technique, la transformation est profonde. L’ancienne coupole a été entièrement rasée pour laisser place à une structure plus modeste de 2,5 mètres. « C’est un travail d’une rare exigence », précise M. Diadhiou. « Nous avons dû reprendre l’ensemble des fondations rongées par la salinité du sol. C’est l’intégralité de la mosquée qui est en train d’être rénovée », dit-il. À l’origine, l’édifice religieux avait été bâti avec des coquillages.
La reconstruction adopte des normes architecturales rigoureuses, spécifiquement adaptées aux contraintes environnementales de la zone, notamment l’avancée de la langue salée. Bien plus qu’un simple lieu de prière, la mosquée de Thiallane incarne la mémoire, l’histoire et l’identité de ce village niché au cœur des îles du Saloum (commune de Bassoul, département de Foundiougne). Ce patrimoine, dont les épisodes marquants sont aujourd’hui enseignés aux plus jeunes, s’étend sur 14 mètres de long et 12 mètres de large. Réalisé entre 1962 et 1963, selon les récits historiques, l’édifice présente une singularité : sa partie nord-est s’intègre directement à l’enceinte du cimetière communal.
À trois mois de l’échéance des travaux, l’effort de financement entre dans une phase décisive. Sur un coût global estimé à 42 millions de FCfa, 32 millions de FCfa ont déjà été rassemblés grâce aux cotisations des villageois et au soutien précieux de la diaspora. Il reste une dizaine de millions de FCfa à mobiliser pour financer la seconde étape et achever la réhabilitation complète du site.
El hadji Fodé SARR (Correspondant)

