Ancien promoteur de lutte, homme d’affaires et grand mécène d’Albourakh Events, Aziz Ndiaye affirme que les cachets des lutteurs n’ont pas encore atteint la barre des 200 millions de FCfa. Il soutient que Modou Lô et Balla Gaye 2 demeurent les meilleurs produits marketing de l’arène, devant Siteu et Sa Thiès, grâce à leur pouvoir d’attraction sur les sponsors, la billetterie et le pay-per-view.
Les promoteurs de lutte ne sont pas près de souhaiter la retraite sportive de Modou Lô de Rock Énergie ou de Balla Gaye 2 de l’école du même nom. Pour Aziz Ndiaye, ancien patron d’Aziz Productions, ces deux ténors demeurent les véritables locomotives économiques de l’arène. « Pour être franc, Modou Lô et Balla Gaye 2 sont les seuls à remplir tous les critères. Ils font courir les promoteurs, attirent les sponsors et intéressent les opérateurs du pay-per-view », affirme l’homme d’affaires, aujourd’hui mécène d’Albourakh Events. Selon lui, ces deux anciens Rois des arènes constituent les meilleurs produits marketing de la lutte, capables de générer simultanément des recettes de sponsoring, de billetterie et de pay-per-view.
« Ensuite vient Siteu, qui dispose d’un fort pouvoir d’attraction auprès des promoteurs et des partenaires ». Il cite également Sa Thiès qui, aujourd’hui, est Roi des arènes. « Ce statut lui confère naturellement une forte popularité et un important capital de sympathie », poursuit Aziz Ndiaye.
L’ancien promoteur, qui a marqué l’histoire de la discipline avec des affiches de prestige telles que Balla Gaye 2-Bombardier, Balla Gaye 2-Tapha Tine, Modou Lô-Eumeu Sène, le second duel Balla Gaye 2-Modou Lô (en 2019), distingue trois catégories de lutteurs. « Il y a d’abord ceux qui sont de véritables produits marketing, capables d’attirer les sponsors, de faire fonctionner le pay-per-view et de remplir les gradins. Ensuite, ceux qui génèrent essentiellement de fortes recettes de billetterie. Enfin, ceux qui ne sont performants ni en pay-per-view ni en billetterie », explique-t-il, au bout du fil. Depuis plusieurs années, les montants des cachets alimentent toutes les spéculations. Dans le milieu de la lutte, certains évoquent des rémunérations dépassant les 200 millions de FCfa pour les plus grandes vedettes. Aziz Ndiaye dément catégoriquement. « La lutte n’a pas encore atteint des cachets de 200 millions de FCfa, ni même de 180 millions de FCfa. Il reste encore du chemin avant de franchir ce palier. En revanche, ce qui est certain, c’est que certains cachets ont déjà atteint les 150 millions de FCfa, voire un peu plus », informe-t-il. Pour l’ancien promoteur, le modèle économique de la lutte repose désormais sur trois piliers. « Aujourd’hui, la lutte vit grâce à trois grandes sources de revenus : la billetterie, le sponsoring et le pay-per-view. Ce dernier constitue désormais une source de revenus additionnelle très importante pour les promoteurs », détaille-t-il.
Au début des années 2010, l’envolée des cachets inquiétait déjà les organisateurs. Face à cette inflation, plusieurs promoteurs s’étaient regroupés au sein d’un Collectif des promoteurs de lutte et avaient proposé un plafonnement des cachets à 75 millions de FCfa par lutteur afin de limiter la surenchère, de maîtriser les coûts d’organisation et d’assurer la viabilité économique des grandes affiches. Interrogé sur un éventuel retour de cette mesure, Aziz Ndiaye estime que le contexte a changé. Pour lui, le marché reste le principal régulateur. « Ce débat revient régulièrement. Mais il faut reconnaître que le montant des cachets est avant tout régi par la loi de l’offre et de la demande », insiste-t-il.
Abdoulaye DEMBÉLÉ

