Considérée comme l’un des ambitieux outsiders capables de créer la sensation dans cette 23e édition de la Coupe du monde, l’équipe du Sénégal s’est difficilement qualifiée en 16es de finale après deux défaites et une victoire lors de la phase de groupes. Un parcours sinueux qui illustre parfaitement la capacité des Lions à puiser dans leurs dernières ressources pour se tirer de situations compliquées.
NEW JERSEY – La qualification de l’équipe nationale du Sénégal pour les 16es de finale de la Coupe du Monde relève d’un miracle pour beaucoup d’observateurs, tant son entame de tournoi a été catastrophique. En ratant complètement ses deux premières sorties dans la compétition, sanctionnées par des défaites contre la France (3-1) et face à la Norvège (3-2), le champion d’Afrique en titre a été méconnaissable lors des deux premières journées de la phase de groupes. Fébrilité défensive, manque d’efficacité offensive, cadres en perte de vitesse, tâtonnements tactiques du sélectionneur… le Sénégal s’est très vite retrouvé dos au mur dans cette poule I, aux portes d’une élimination précoce. Il s’agissait là de la pire entame de l’histoire des Lions en Coupe du Monde.
Jamais le Sénégal n’avait démarré un Mondial avec deux défaites d’entrée. Contre la France, l’équipe s’est bien comportée en première mi-temps en regardant son adversaire dans les yeux, déroulant parfaitement son jeu, avec toutefois un inquiétant manque de réalisme. À cause de son manque de rythme et de fraîcheur, elle prend l’eau au retour des vestiaires et finit par s’incliner (3-1). Quelques jours plus tard, face à la Norvège, les hommes de Pape Thiaw se font à nouveau bousculer par des Vikings bien supérieurs physiquement, aidés par des errements défensifs des Sénégalais qui auront déçu lors de cette rencontre perdue (3-2). Six buts concédés en deux matchs, une défense complètement à la rue.
Le sélectionneur qui a aligné le même onze lors de ces deux premières sorties est obligé de choix des hommes et d’apporter des correctifs dans le jeu de son équipe pour aller chercher la qualification contre l’Irak, comptant pour la 3e et dernière journée. Avec cinq changements majeurs dans le onze, l’équipe montre un autre visage. Le Sénégal a aussitôt retrouvé de l’allant, un jeu plus fluide porté l’avant et une défense plus sereine. Ainsi, les Lions, dos au mur, négocient parfaitement ce troisième match devant l’Irak en livrant une performance historique (5-0) pour un pays africain. Ce qui leur permet de se qualifier pour les 16es de finale, lors desquelles ils affronteront les Diables Rouges de la Belgique, le mercredi 1er juillet prochain à Seattle.
P. A. NDIAYE

