Ce dimanche 10 mai 2026, face à Everton, Ismaïla Sarr a inscrit un but d’anthologie. Une volée du gauche totalement hors de portée du gardien Jordan Pickford, permettant à l’ailier sénégalais d’atteindre la barre symbolique des 20 réalisations toutes compétitions confondues avec Crystal Palace cette saison. Un cap qui n’est pas anodin dans l’histoire du club : il devient le deuxième joueur de Crystal Palace en tant que club de Premier League à atteindre 20 buts ou plus TCC sur une saison, rejoignant Andy Johnson au panthéon des Eagles. À 28 ans, Sarr vit sa meilleure saison, et la question s’impose désormais avec force : peut-il décrocher le titre de Joueur africain de l’année ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’ailier droit sénégalais (82 sélections, 19 buts en équipe nationale) a inscrit son 24ème but toutes compétitions confondues en 2025-2026, club et sélection inclus, avec en prime 5 passes décisives. En Ligue Europa Conférence, c’est encore plus impressionnant : avec neuf buts en 14 apparitions dans la compétition, le Sénégalais a pris la tête du classement des buteurs de la compétition. Et pour couronner le tout, le 30 avril 2026, Sarr a inscrit le but le plus rapide de l’histoire de la Ligue Conférence, après seulement 21 secondes de jeu lors du match aller de demi-finale contre le Shakhtar Donetsk.
Le 27 mai prochain, Crystal Palace disputera la finale de cette compétition contre le Rayo Vallecano. Une victoire offrirait à Sarr un troisième trophée majeur en deux saisons.
Un palmarès qui plaide pour lui
Car c’est bien là que réside la force du dossier d’Ismaïla Sarr : les trophées s’accumulent. Après le Community Shield raflé en début de saison contre Liverpool, Iso a ensuite remporté la CAN 2025.
Sa CAN 2025 au Maroc mérite qu’on s’y attarde. Revenu de blessure à la cheville pour rejoindre le groupe, Sarr a participé à cinq des sept matchs du Sénégal. En finale contre le Maroc, entré à la 77ème minute, il a failli offrir le titre sur une tête en fin de match avant de voir son but annulé pour une faute inexistante. Mais le Sénégal s’est finalement imposé 1-0 après prolongation, lui offrant son deuxième titre continental. Deux étoiles africaines, c’est un argument de poids.
Les obstacles à surmonter
Pourtant, la compétition pour ce titre est féroce. La course aux CAF Awards 2026 voit plusieurs stars du continent se bousculer, avec notamment Achraf Hakimi.
Ce dernier est le tenant du titre et dispose d’un narratif puissant : il a aidé le Maroc à atteindre la finale de la CAN 2025, même si les Lions de l’Atlas ont perdu face au Sénégal.
Les votants du CAF Award tiennent traditionnellement compte de quatre critères majeurs : l’impact dans les tournois continentaux, les trophées remportés, les statistiques individuelles, et l’influence dans les matchs décisifs. Sur chacun de ces points, Sarr peut légitimement se battre.
Le scénario idéal : remporter la finale
La finale de la Ligue Europa Conférence le 27 mai pourrait tout changer. Une victoire avec Crystal Palace contre le Rayo Vallecano placerait Ismaïla Sarr dans une position inédite : auteur de la meilleure saison de son club en termes de buts, meilleur buteur de la compétition européenne, et vainqueur d’un trophée continental. Ajoutez à cela deux CAN gagnées avec le Sénégal, et le tableau est complet.
Les CAF Awards récompensent les joueurs qui marquent les esprits lors des grandes occasions. Sarr, lui, a pris l’habitude d’être au rendez-vous. À un mois du Mondial 2026, il entre dans la dernière ligne droite de la saison la plus aboutie de sa carrière. Le 27 mai au soir, on saura si la légende s’est un peu plus écrite.
Oumar Boubacar NDONGO


