Après le cauchemar américain, l’avenir de Pape Thiaw demeure incertain. La Fédération serait à la recherche d’un sélectionneur pour le remplacer. La piste d’un « sorcier blanc », un coach européen, n’est pas à écarter.
Après avoir fait ses preuves lors de la dernière Can, Pape Thiaw était très attendu pour confirmer au Mondial 2026. Son équipe a complètement déraillé, se faisant éliminer dès les seizièmes de finale par la Belgique, dans une rencontre qu’elle maîtrisait. Le sélectionneur des Lions s’est, comme Aliou Cissé en 2018 et 2022, heurté aux dures réalités du très haut niveau. Les jours de Pape Thiaw sont désormais comptés. La Fédération serait à la recherche d’un sélectionneur pour le remplacer. La piste d’un « sorcier blanc », un coach européen, n’est pas à écarter. Ce qui ne serait pas une première au Sénégal, qui avait pourtant refermé l’ère des entraîneurs européens payés à coup de millions après le terrible fiasco en 2015. L’équipe, sous la houlette d’Alain Giresse, était sortie par la toute petite porte (éliminée au premier tour) lors de la 30e édition de la Can disputée en Guinée Équatoriale. La Fédération sénégalaise de football (Fsf), qui avait lancé l’opération conquête, avait jeté son dévolu sur Aliou Cissé. L’osmose entre le technicien et ses joueurs a permis à l’équipe de progresser, de se hisser, par la qualité de son football offensif en particulier, au niveau des meilleures nations du continent. Et en 2022, au Cameroun, son équipe a été pile à l’heure. En disposant de l’Égypte en finale, aux tirs au but, Cissé est entré dans la légende en devenant le premier coach à offrir au Sénégal le titre tant convoité. Un vrai aboutissement pour celui qui, pendant une soixantaine de matchs, a utilisé une centaine de joueurs et utilisé moult systèmes de jeu.
La page d’Aliou Cissé tournée, la Fsf a jeté son dévolu sur son adjoint Pape Thiaw. Confirmé à la tête de l’équipe nationale, le 13 décembre 2024, le successeur de Cissé a guidé son équipe vers un deuxième sacre continental. En disposant du Maroc en finale, le 18 janvier 2026, il est entré dans la légende. Après Aliou Cissé, Pape Thiaw a, lui aussi, marqué de son empreinte l’histoire du football sénégalais, prouvant une nouvelle fois que les sélections africaines n’avaient plus besoin de « sorcier blanc » pour arriver au sommet. Mais les contreperformances de l’équipe au Mondial américain ne viennent-elles pas remettre en cause l’expertise locale et ouvrir la voie à un retour des entraîneurs étrangers ? Le Sénégal a croqué plusieurs « sorciers blancs ».
Arrivé aux commandes de l’équipe nationale en 1989, Claude Leroy va mener le Sénégal à ses 3e et 4e Can (1990, en Algérie et en 1992 à Dakar) jusqu’à son échec en quart de finale de l’édition 1992, à domicile, contre le Cameroun. Le Français, premier technicien à mener les Lions en demi-finale, est remplacé par le coopérant allemand Peter Schnittger, en 1995. Sous sa houlette, le Sénégal ne dispute que la Can 2000. Il est remplacé en novembre de la même année par Bruno Metsu, qui réussit à hisser le Sénégal à sa première finale de Can après une attente de 34 ans. Puis Guy Stephan prend les rênes de l’équipe en janvier 2003. Il sera limogé en juin 2005 pour avoir compromis les chances de qualification du Sénégal à la Coupe du Monde 2006, en Allemagne, éliminé par le Togo. Choisi pour succéder au duo Abdoulaye Sarr-Amara Traoré dont le contrat était arrivé à terme, Henry Kasperczak réussira à qualifier l’équipe pour la Coupe d’Afrique 2008, sans réussir une bonne participation. Le Franco-polonais démissionne en pleine compétition le 27 janvier 2008 après la défaite de l’équipe (1-3) face à l’Angola. Plus de deux décennies après le départ d’Alain Giresse, le Sénégal va-t-il rouvrir la Tanière aux « sorciers blancs », pour espérer enfin atteindre les sommets du football mondial ?
Samba Oumar FALL

