S’il fallait retenir un symbole de la réussite marocaine dans ce Mondial, ce serait sans doute lui. Ayyoub Bouaddi n’a que 18 ans, évolue au Losc Lille et n’avait encore jamais porté le maillot de l’équipe A du Maroc avant la préparation de cette Coupe du monde.
Formé dans les sélections de jeunes de l’équipe de France, avec laquelle il a notamment évolué chez les U20, le milieu de terrain a créé la surprise en choisissant, à quelques semaines du coup d’envoi du Mondial, de défendre les couleurs des Lions de l’Atlas plutôt que celles des Bleus. Un choix qui a surpris une partie du football français, mais qui s’est révélé payant dès sa première apparition officielle sous le maillot marocain.
Pour sa première sélection, face au Brésil à New York, le jeune milieu a livré une prestation de très haut niveau contre l’un des grands favoris de la compétition. Il a réussi 60 passes sur 66 tentées (91 % de réussite), affiché 88 % de précision dans les trente derniers mètres, remporté 11 duels sur 14 et touché 89 ballons, soit le total le plus élevé de tous les joueurs présents sur la pelouse.
Une performance qui lui a valu le titre d’homme du match et une place parmi les principaux prétendants au trophée du meilleur jeune joueur du tournoi décerné par la Fifa. Depuis cette entrée remarquée, Bouaddi confirme match après match. Titulaire lors du seizième de finale face aux Pays-Bas, remporté aux tirs au but, il a une nouvelle fois apporté sa qualité technique, sa sérénité et sa justesse dans l’entrejeu. Remplacé à la 79e minute, il a qualifié cette rencontre de « match le plus intense de sa jeune carrière sur le plan émotionnel ».
Son influence dans le jeu marocain ne cesse de grandir. Malgré son jeune âge, il apporte un équilibre remarquable au milieu de terrain, un poste où l’expérience est souvent déterminante pour résister à la pression des grands rendez-vous.
Le sélectionneur Mohamed Ouahbi ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction d’avoir convaincu le joueur de rejoindre le projet marocain. À ses yeux, Ayyoub Bouaddi possède encore une importante marge de progression et représente l’avenir des Lions de l’Atlas.
À seulement 18 ans, pour ses premiers pas sous les couleurs du Maroc, le milieu lillois est devenu l’une des grandes révélations individuelles de cette Coupe du monde 2026 et l’un des symboles du nouveau visage du football marocain. Le quart de finale face à la France revêtira forcément une dimension particulière pour celui qui aurait pu évoluer sous le maillot des Bleus. Une affiche où les émotions auront sans doute une saveur toute particulière.
Oumar Boubacar NDONGO

