Qualifié pour les 16es de finale, après son récital face à l’Irak (5-0), le Sénégal se coltine un adversaire plus coriace. Pour s’ouvrir les portes des 8es de finale, les Lions sont obligés de battre la Belgique.
Sortis d’une situation très compliquée, les Lions jouent leur destin dans la 23e édition de la coupe du monde «Etats-Unis-Canada-Mexique», ce mercredi, face à la Belgique, en 16e de finale. Qualifié in-extremis pour le deuxième tour, le Sénégal a trimé lors de la phase de groupe. Battus 3-1 par la France, les joueurs de Pape Thiaw, dominés par la Norvège (3-2), étaient au bord de l’élimination. Déjà écarté des deux premières places qualificatives aux 16es de finale, il fallait un véritable coup du destin pour que le Sénégal évite le désastre. Heureusement, face à l’Irak, l’équipe s’est réveillée en s’imposant sur le score de 5 buts à 0.
Un concours de circonstances favorables, avec notamment la victoire de l’Espagne sur l’Uruguay (1-0) et le point du nul obtenu par l’Égypte contre l’Iran (1-1), a aidé le Sénégal à demeurer dans la compétition. Désormais, une autre compétition démarre pour le Sénégal. Dans ces rencontres à élimination directe, il n’y a pas de seconde chance pour Sadio Mané et ses coéquipiers. La moindre erreur se paie cash et est synonyme de retour au bercail. Les Lions ont donc intérêt à gommer toutes les insuffisances notées au premier tour avant d’en découdre avec les Diables Rouges. Des manquements notés en défense avec 6 buts encaissés lors des deux premiers matches. Kalidou Koulibaly, le patron de la défense et capitaine des Lions, a montré des signes de faiblesse certainement dus au manque de compétition suite à sa blessure. Au milieu de terrain, des joueurs comme Pape Guèye, Idrissa Gana Guèye, Habib Diarra, Lamine Camara ont peiné à retrouver leur vitesse de croisière. En attaque, Ismaïla Sarr a souffert avant de retrouver l’efficacité. Sadio Mané et Nicolas Jackson, quant à eux, sont toujours à la recherche de leur premier but. Le large succès contre une équipe irakienne en infériorité numérique a fait énormément de bien. Mais, le Sénégal doit relever le niveau dans tous les secteurs s’il espère vaincre la Belgique qui fait partie des sérieux outsiders. Les Diables rouges, même s’ils n’ont pas effectué une époustouflante première partie de compétition, n’ont encore subi aucune défaite. D’abord tenue en échec par l’Égypte (1-1), la Belgique a aussi été contrainte au nul par l’Iran (0-0). Dos au mur, les joueurs de Rudi Garcia ont sorti le grand jeu pour étriller la Nouvelle-Zélande (5-1) et assurer en même temps la qualification et la tête du groupe G. Comme le Sénégal, les Belges, peu inspirés offensivement, ont attendu la dernière journée pour réaliser un véritable feu d’artifices avec 5 buts marqués. C’est une alerte pour la défense sénégalaise qui a encaissé à deux reprises 3 buts dans un même match.
Il faudra faire preuve de prudence pour maîtriser des joueurs redoutables comme Jérémy Doku, Leandro Trossard… Romelu Lukaku, même s’il n’a plus ses jambes de 20 ans, demeure un attaquant dangereux. Il faudra particulièrement museler la tête pensante du milieu de terrain, Kevin De Bruyne. Son jeu de transition, son intelligence, sa capacité à anticiper les appels de ses attaquants et à leur délivrer des passes précises sont de grands atouts pour la Belgique. Lors de la phase de groupe, l’ancien joueur de Manchester City a réalisé 11 passes dans la surface, le meilleur total. Avec 16 tirs, De Bruyne est aussi, avec Kylian Mbappé, celui qui tire le plus vers les buts. Le Sénégal a besoin d’une défense solide et concentrée, un milieu alerte et combatif pour faire déjouer Kevin De Bruyne et ses coéquipiers. Le reste du travail devra être fait par l’attaque. Face à l’Irak, les « Lions » ont retrouvé leur instinct de buteur. Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye et Pape Guèye ont fait trembler les filets. Il faudra la même force de frappe pour envoyer les Diables rouges en « enfer » et s’ouvrir les portes des 8es de finale.
Par Julien Mbesse SÈNE

