À quelques jours de la fin de la saison, l’ODCAV de Guédiawaye conteste la décision du préfet, tout en condamnant les violences observées autour des rencontres.
L’Organisation départementale de coordination des activités de vacances (ODCAV) de Guédiawaye a vivement réagi à la suspension des compétitions Navétanes dans le département. Dans un communiqué officiel publié ce 21 octobre 2026, soit le jour même de la signature de l’arrêté, elle juge la mesure « aussi excessive qu’incompréhensible » et pointe une anomalie dans le texte préfectoral.
Une suspension « jusqu’à nouvel ordre »
L’arrêté préfectoral n° 0027/D.GW/P du 21 octobre 2026 suspend jusqu’à nouvel ordre les compétitions dans le département. L’ODCAV dit en avoir pris connaissance « avec stupéfaction », et regrette que la décision intervienne « à quelques jours de la fin de la saison ».
L’organisation ne conteste pas la gravité des faits. Elle « condamne fermement les violences, agressions et destructions de biens signalées avant et après certaines rencontres », rappelant que la sécurité des personnes et la préservation de l’ordre public sont des « exigences non négociables ».
Elle estime toutefois que cette lutte « ne saurait justifier une pénalisation collective et indifférenciée de tout un mouvement sportif ». Selon l’ODCAV, une réponse adaptée aurait dû consister à identifier et sanctionner les auteurs, et à renforcer les dispositifs de sécurité autour des matchs à risque.
Des mois d’efforts compromis
L’ODCAV met en avant l’enjeu humain et sportif : suspendre l’ensemble des compétitions si près de leur terme « revient à compromettre des mois d’efforts, de sacrifices et d’engagement de milliers de jeunes, de dirigeants et de bénévoles ». Et d’ajouter : « La responsabilité des uns ne doit pas devenir la sanction de tous. »
Le communiqué relève surtout une incohérence dans le texte. Si l’arrêté est signé le 21 octobre 2026, son article premier fixe la prise d’effet de la suspension au 21 janvier 2026, « soit neuf mois avant sa signature ».
Pour l’ODCAV, cette erreur « soulève de sérieuses interrogations sur la rigueur ayant entouré la préparation de cette décision » et donne « le sentiment d’une précipitation regrettable ». L’organisation en tire un parallèle : « L’exigence de rigueur imposée aux acteurs sportifs doit également prévaloir dans les décisions administratives qui engagent leur avenir. »
Respect de l’autorité, mais …
L’ODCAV réaffirme son respect pour l’autorité administrative, tout en précisant que ce respect « ne saurait exclure une appréciation critique ». Elle plaide pour des mesures « efficaces, ciblées et concertées » plutôt qu’une suspension générale.
Sa position tient en une formule : « tolérance zéro contre les violences », mais refus d’une mesure qui fait « supporter à tous les conséquences des actes de quelques-uns ». Et de conclure : « La responsabilité commande de sécuriser les Navétanes, pas de les arrêter. »
O.B.N


