Le hasard fait parfois bien les choses. Alors que la Fédération sénégalaise de football (FSF) s’apprête à dévoiler le nom du prochain sélectionneur des Lions, Pape Bouna Thiaw vient de rappeler qu’avant de tourner définitivement la page, quelques comptes restent à régler.
Par l’intermédiaire de son conseiller, le vainqueur de la CAN et du CHAN, un doublé historique, a adressé une mise en demeure à la FSF pour réclamer 423.820.300 FCFA, correspondant, selon ses prétentions, à différents salaires, primes et indemnités qui lui seraient dus.
Le timing interpelle. Depuis son éviction à l’issue de la Coupe du monde 2026, Pape Thiaw s’était fait discret, pendant que la Fédération lançait les grandes manœuvres pour lui trouver un successeur. Cette mise en demeure intervient donc au moment où sa succession semble entrer dans sa dernière ligne droite.
Avant le nouveau, régler avec l’ancien
Sur le fond, la démarche n’a rien d’extraordinaire : un contrat se termine, des obligations financières doivent être honorées et, en cas de désaccord, les avocats prennent le relais. Mais le calendrier donne forcément matière à réflexion.
La position de la tutelle complique le dossier. La ministre des Sports, Djireye Clotilde Coly, a fait savoir que l’État ne comptait pas prendre en charge les indemnités réclamées par Pape Thiaw, invoquant notamment l’absence d’approbation officielle de son contrat de trois ans, signé en urgence en juin 2026, avant le duel contre la Norvège au Mondial. La charge financière serait ainsi renvoyée vers la FSF.
Cette position donne un relief particulier à la dernière sortie d’Abdoulaye Sow, secrétaire général de la FSF, sur 7TV : « S’il y a des conséquences, nous allons les assumer », avait-il déclaré, tout en affirmant que la décision de se séparer de Pape Thiaw était définitive. La Fédération assume donc son choix. Reste à savoir si elle en assumera également les conséquences financières.
423 millions : l’addition de la rupture
La somme réclamée est conséquente. Mais le véritable enjeu ne réside peut-être pas seulement dans son montant, mais dans la manière dont les deux parties vont gérer cette fin de collaboration.
Tout n’a certes pas été parfait à la tête des Lions, notamment lors de la dernière Coupe du monde, où Pape Thiaw a commis des erreurs. Mais son bilan reste, à ce jour, le plus prestigieux à la tête des sélections A et locale, avec une CAN et un CHAN remportés en un temps record.
Au-delà du sélectionneur, c’est aussi l’homme et les services rendus au football sénégalais qui méritent considération. En comparaison avec les neuf années d’Aliou Cissé à la tête des Lions, Pape Thiaw a disposé de beaucoup moins de temps pour inscrire son nom dans l’histoire. Son départ mérite donc d’être géré avec le respect dû à celui qui a obtenu des résultats majeurs.
Un accord à l’amiable, éventuellement assorti d’un échéancier, permettrait de solder le dossier. D’autant que l’ex-sélectionneur aurait renoncé à une indemnité de rupture de 240 millions. A contrario, une procédure devant les instances du football international, en revanche, placerait la FSF dans une situation plus inconfortable au moment d’ouvrir un nouveau cycle.
Patrick Vieira en pole ?
Car pendant que le dossier Thiaw se déplace sur le terrain financier, celui de sa succession semble également toucher à sa fin. Patrick Vieira serait en pole position parmi la pléthore de candidats, pour prendre les commandes des Lions, selon des informations circulant ces dernières heures.
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Le technicien franco-sénégalais aurait trouvé un accord avec la FSF pour un contrat de quatre ans. Son salaire se situerait entre 35 et 45 millions de FCFA par mois, avec pour objectifs, notamment, d’atteindre la finale de la CAN 2027 et de qualifier le Sénégal pour la Coupe du monde 2030, organisée en Espagne, au Portugal et au Maroc.
Le projet serait même baptisé « Patrick Vieira Vision 2030 ». Ces informations restent toutefois au conditionnel, dans l’attente d’une confirmation officielle de la FSF.
Si cette piste se confirme, la Fédération est sut le point de tourner la page sportive de l’ère Thiaw. Mais sur le plan financier, l’ancien sélectionneur n’entend visiblement pas disparaître du décor aussi rapidement.


