Écoulement des stocks d’arachide, compétitivité du riz local, relance du coton et nouveaux débouchés pour les céréales et les produits horticoles : le Conseil interministériel du 22 octobre a arrêté des mesures spécifiques pour soutenir les différentes filières et améliorer la commercialisation des productions nationales.
Le Gouvernement veut apporter des réponses différenciées aux difficultés rencontrées par les filières agricoles. Lors du Conseil interministériel consacré à la campagne 2026-2027, il a fixé des orientations allant de la valorisation des stocks à la régulation des importations, en passant par le financement des achats et l’organisation des circuits de commercialisation.
Arachide : écouler les stocks et préparer la collecte
Pour la filière arachidière, l’un des enjeux concerne les 70 450 tonnes de tourteaux détenues par la SONACOS. Le Gouvernement prévoit de diversifier les débouchés, notamment par la vente aux fabricants d’aliments pour bétail et aux meuniers, à un prix révisé. Une partie du stock doit également contribuer à l’assistance pastorale prévue pour la soudure 2026, dont les besoins en aliments de bétail sont estimés à 14 706 tonnes.
La SONACOS est par ailleurs appelée à valoriser son patrimoine foncier afin de financer le renouvellement de ses anciennes lignes industrielles, de diversifier ses produits finis et de renforcer ses fonds propres. Pour la nouvelle campagne, le dispositif prévoit aussi un comité chargé de recommander chaque année un prix de l’arachide conciliant protection des producteurs et compétitivité à l’exportation.
Riz local : améliorer l’écoulement et la compétitivité
La situation du riz local appelle des mesures spécifiques. Au 13 octobre 2026, 13 879 tonnes de riz blanc avaient été enlevées sur un stock disponible de 41 729 tonnes. Le Gouvernement prévoit de mettre en œuvre un mécanisme de péréquation liant les importations aux achats de riz local et de payer aux riziers la subvention de 50 FCFA par kilogramme due sur les quantités déjà enlevées.
Les autorités veulent également faire reconnaître l’interprofession réunissant producteurs, riziers et importateurs, sécuriser les stocks des rizeries grâce à la tierce détention et harmoniser les emballages, la qualité et la marque du riz local. Une stratégie de renforcement de sa compétitivité devra être élaborée avant la fin de l’année. Un atelier entre le Comité interprofessionnel riz du Sénégal et la Banque Agricole est aussi prévu avant l’ouverture de la campagne pour préparer le financement de 2027.
Coton, maïs et productions diversifiées
La relance du coton doit se poursuivre avec un objectif de production de 35 000 tonnes et un paiement des producteurs dans un délai de trois jours. L’enveloppe de soutien de 5 milliards de FCFA doit être confirmée avant le 15 novembre 2026. Le Gouvernement souhaite aussi associer des acheteurs industriels à la commercialisation et organiser la valorisation de la graine de coton par les huileries et les fabricants d’aliments pour bétail.
Pour le maïs, le protocole entre l’État et les fabricants d’aliments pour bétail doit être renouvelé autour d’un objectif de 30 000 tonnes, avec un accompagnement bancaire. Dans l’horticulture, les autorisations d’importation seront liées à la disponibilité effective de la production nationale et à la justification d’achats locaux. Le fonds de commercialisation de l’oignon et de la pomme de terre doit être renforcé.
Enfin, l’approche des protocoles de commercialisation sera étendue au mil et au sésame, avec des objectifs respectifs de 150 000 et 50 000 tonnes. Leurs besoins de financement devront être estimés et suivis chaque semaine, au même titre que ceux du riz local et des produits horticoles. À travers ces mesures, le Gouvernement cherche à mieux organiser les débouchés, à soutenir les producteurs et à réduire les difficultés d’écoulement des productions nationales.
C.G. DIOP

