Arriérés de 44 milliards de FCFA, financement de la SONACOS, compétitivité du riz local et contrôle des flux d’arachide : le gouvernement a arrêté une série de mesures pour préparer la campagne de commercialisation agricole 2026-2027 et améliorer les revenus des producteurs.
À quelques semaines de l’ouverture de la campagne agricole, le gouvernement veut corriger les difficultés de l’exercice précédent. Réuni jeudi 22 octobre, le Conseil interministériel présidé par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a fixé plusieurs priorités : garantir le financement de la collecte, faciliter l’écoulement des productions locales et mieux encadrer les circuits de commercialisation.

La campagne 2025-2026 avait permis à la SONACOS de collecter 219 171 tonnes d’arachides, pour 73,43 milliards de FCFA injectés dans le monde rural. Le financement mobilisé avait atteint 105 milliards de FCFA. Mais la collecte a souffert de financements irréguliers et de l’inactivité de nombreux points agréés. Dans la filière riz, les difficultés d’écoulement et les retards de paiement des subventions ont également freiné les ventes.
La SONACOS et les producteurs au cœur du dispositif
Pour la nouvelle campagne, dont l’ouverture est prévue à la fin du mois de novembre pour l’arachide, le gouvernement veut boucler le plan de financement de la SONACOS avant le démarrage de la collecte. L’entreprise devra disposer d’une trésorerie d’environ un milliard de FCFA par jour durant les trente premiers jours, en attendant les premiers décaissements des bailleurs.
Le nombre de points de collecte devra être adapté à la production attendue et aux financements disponibles. Le criblage des graines deviendra obligatoire dès l’ouverture de la campagne. Un comité sera aussi chargé de proposer chaque année un prix de l’arachide conciliant protection du revenu des producteurs et compétitivité à l’exportation.
Autre décision majeure : le règlement de 44 milliards de FCFA d’arriérés dus aux fournisseurs d’intrants. Le gouvernement prévoit également un plan de financement par filière, destiné notamment à sécuriser l’achat des semences. Les producteurs qui le souhaitent pourront être payés par mobile money.
Le riz local face au défi de la compétitivité
L’écoulement du riz local constitue un autre chantier prioritaire. Au 13 octobre, 13 879 tonnes seulement avaient été enlevées sur les 41 729 tonnes de riz blanc disponibles. Pour améliorer les ventes, l’État prévoit un mécanisme de péréquation liant les importations aux achats de riz local et le paiement de la subvention de 50 FCFA par kilogramme due aux riziers sur les quantités déjà enlevées.
Le gouvernement veut aussi renforcer l’organisation de la filière, harmoniser la qualité et les emballages et proposer, avant la fin de l’année, des mesures pour rendre le riz local plus compétitif face aux importations.
Le coton bénéficiera, pour sa part, d’une enveloppe de soutien de 5 milliards de FCFA, à confirmer avant le 15 novembre. L’objectif de production est fixé à 35 000 tonnes, avec un paiement des producteurs dans un délai de trois jours. Le maïs, l’oignon, la pomme de terre, le mil et le sésame sont également concernés par des mesures de financement et de commercialisation.
Traçabilité et modernisation des filières
La SONACOS devra trouver de nouveaux débouchés pour ses 70 450 tonnes de tourteaux d’arachide, notamment auprès des fabricants d’aliments pour bétail et dans le cadre de l’assistance pastorale. L’entreprise est également appelée à valoriser son patrimoine foncier pour renouveler ses équipements industriels et diversifier ses produits.

Pour mieux suivre les opérations, une phase pilote de digitalisation sera lancée dans quelques départements dès la campagne 2026-2027. Elle permettra d’enregistrer les opérateurs et les points de collecte, de suivre les volumes et les paiements aux producteurs. La lettre de voiture sera par ailleurs généralisée pour le transport de l’arachide, tandis que la surveillance des zones de production et des axes frontaliers sera renforcée.
Le gouvernement entend ainsi mieux contrôler les circuits, veiller au respect du prix plancher et anticiper la campagne de production 2027-2028. Le Secrétariat général du gouvernement devra présenter un premier état d’exécution des décisions avant l’ouverture de la collecte arachidière.
C.G. DIOP
À suivre : Le Soleil digital reviendra en détail sur les principales mesures issues du Conseil interministériel consacré à la campagne de commercialisation agricole 2026-2027.


