La deuxième Biennale internationale des arts contemporains de Dakar de 1992 avait réuni une centaine d’artistes venus des quatre coins du monde pour célébrer l’universalité de l’art.
En décembre 1992, Dakar accueillait la deuxième Biennale internationale des arts contemporains. Un rendez-vous du donner et du recevoir qui faisait de la capitale sénégalaise une terre d’échanges et d’expression des talents venus des quatre coins du globe. Le président Abdou Diouf avait présidé, le lundi 14 décembre, la cérémonie d’ouverture de cet événement au théâtre Daniel Sorano. Le lendemain, le quotidien national « Le Soleil » avait consacré quatre pages entières à la Biennale. À là Une du journal, l’équipe de la rédaction annonçait déjà les couleurs avec un titre sublime : « DAK’ART 92 : Éloge du beau ». Un titre qui aura certainement répondu au goût des esthètes. Dans son article en date du 15 décembre 1992, le journaliste Modou Mamoune Faye reconnaissait toute la symbolique de cet événement.
Il en parlait comme « la manifestation la plus importante consacrée à l’art contemporain africain depuis le fameux Festival des arts nègres de Dakar en 1966 ». Ainsi, le Sénégal a voulu faire de l’art une voie de dialogue culturel pour s’ouvrir au reste du monde. Et durant une semaine, l’esthétique était démocratisée. Même les citoyens les plus ordinaires avaient le droit d’admirer et de sentir l’odeur du beau. Si les nantis pouvaient s’arracher des tableaux à coût de millions, la classe populaire pouvait aussi se contenter des galeries à ciel ouvert comme celle de la place de l’obélisque. C’était un « village tout rustique », qui a été installé pour accueillir les amoureux de l’art. Ce jour du 15 décembre 1992, renseigne la journaliste Dié Maty Fall, le président Abdou Diouf avait dévoilé la statue de la place Soweto, une œuvre de Tafsir Momar Guèye.
Puis, ce fut l’ouverture d’un atelier de vernissage au musée de l’Ifan, sis à la place Soweto. Dakar était en fête et le monde était venu communier avec le pays de la Teranga. Et « 110 artistes des 5 continents ont exposé dans le nouveau pavillon du musée, environ 200 œuvres dans différents genres et styles de l’art contemporain », précisait Dié Maty Fall. Au-delà des colloques, expositions et spectacles, DAK’ART 92 était avant tout un cadre d’expression du génie créateur négro-africain. Celui-ci portait des noms et pas les moindres. Trois figures issues de l’école de Dakar, le portraitiste Alpha Walid Diallo et les peintres Iba Ndiaye et Pape Ibra Tall, avaient reçu les hommages internationaux. D’ailleurs, le président Diouf, dans son discours inaugural, qualifiait l’École des arts de Dakar en ces termes : « elle incarne la synthèse des créativités traditionnelle et moderne, ce métissage des formes et des thèmes qui fait de chaque coup de pinceau une annonce de l’universalité de l’art ».
Par Diégane DIOUF

