L’Union africaine a annoncé la mobilisation de 910 millions de dollars américains de promesses de financement pour soutenir la riposte à l’épidémie d’Ebola Bundibugyo qui sévit actuellement en République démocratique du Congo et en Ouganda. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion d’urgence de haut niveau convoquée le 17 juin 2026 par le président en exercice de l’Union africaine, le président burundais Évariste Ndayishimiye.
Selon un communiqué, 80 millions de dollars de ces engagements proviennent directement des États membres africains. Les dirigeants du continent ont également approuvé une action urgente visant à mobiliser et décaisser, dans un délai de quatre semaines, les 518 millions de dollars nécessaires à la mise en œuvre du Plan continental conjoint de préparation et de riposte. Celui-ci prévoit notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, du suivi des contacts, des capacités de laboratoire, de la prise en charge des malades et de la coordination transfrontalière.
« Nos populations ne nous jugeront pas sur nos déclarations, mais sur notre capacité à interrompre la transmission, à protéger les agents de santé, à rétablir la confiance des communautés et à garantir des soins dignes aux familles touchées », a déclaré Évariste Ndayishimiye.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à soutenir les pays affectés. « L’Union africaine demeure pleinement engagée à travailler en étroite collaboration avec l’ensemble des parties prenantes afin de renforcer la résilience, faire progresser des réponses de santé publique coordonnées et veiller à ce qu’aucun État membre ne soit laissé pour compte face à ce défi commun », a-t-il indiqué.
De son côté, le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a salué l’engagement financier des pays africains tout en insistant sur la nécessité d’une mise en œuvre rapide. « La priorité maintenant, c’est la rapidité. Chaque promesse doit se traduire en financements, fournitures, ressources humaines et appui concret pour les communautés et les intervenants sur le terrain », a-t-il déclaré.
L’Organisation mondiale de la Santé a, pour sa part, renouvelé son soutien aux pays touchés, notamment dans les domaines de la surveillance, du suivi des contacts, de l’appui aux laboratoires et de la prévention des infections. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est montré confiant quant à la possibilité de contenir la flambée. « Sous la direction du gouvernement de la RDC et des pays voisins, et avec un soutien régional et international soutenu, nous pouvons vaincre cette flambée d’Ebola, comme nous l’avons fait lors de précédentes épidémies », a-t-il affirmé.
Le communiqué souligne toutefois que plusieurs défis persistent sur le terrain. Les principales difficultés concernent le suivi des contacts, la disponibilité des fournitures médicales, la protection des personnels de santé, les enterrements sécurisés ainsi que l’accès aux zones affectées par l’insécurité. Africa CDC avertit qu’en l’absence d’une réponse rapide, les besoins financiers pourraient passer de 518 millions à 1,5 milliard de dollars.
Par ailleurs, les participants ont identifié le suivi des contacts comme une priorité absolue, avec un objectif de couverture compris entre 90 % et 95 % durant la période d’incubation de 21 jours. Ils ont également appelé les pays voisins à renforcer leurs dispositifs de préparation, à améliorer le dépistage aux frontières et à partager en temps réel les données épidémiologiques.
La réunion a enfin salué l’engagement de plus de 60 millions de dollars du CEPI pour accélérer le développement de vaccins contre la souche Bundibugyo et a exhorté les États africains à renforcer les mécanismes continentaux d’accès aux contre-mesures médicales.
En conclusion, les dirigeants africains, les partenaires et les bailleurs ont été appelés à transformer rapidement les promesses en actions concrètes afin d’enrayer la propagation de l’épidémie et de soutenir les communautés affectées.
A.N


