Dans la nuit du 25 au 26 février 1992, les forces arméniennes, appuyées par un régiment soviétique, massacraient des centaines de civils azerbaïdjanais dans la localité de Khojaly, au Haut-Karabakh. Trente-quatre ans plus tard, Bakou rend hommage aux victimes et rappelle ce drame, qualifié de « génocide » par ses autorités, alors que la région est repassée sous contrôle azerbaïdjanais depuis 2023.
Trente-quatre ans après les faits, l’Azerbaïdjan ravive le souvenir d’un drame qui demeure, selon les autorités, « l’une des pages les plus sanglantes » du conflit arméno-azerbaïdjanais. Dans un communiqué publié à l’occasion de l’anniversaire des événements de Khojaly, Bakou affirme que le massacre perpétré dans la nuit du 25 au 26 février 1992 constitue « l’un des crimes les plus atroces contre l’humanité du siècle dernier ».
D’après la source officielle, 613 civils azerbaïdjanais ont été tués en une seule nuit, dont 106 femmes, 70 personnes âgées et 63 enfants. Huit familles auraient été entièrement anéanties. Le texte précise également que 1 275 habitants auraient été pris en otage, parmi lesquels 68 femmes et 26 enfants. Au total, 130 enfants auraient perdu l’un de leurs parents et 25, leurs deux parents.
Située dans la région du Karabakh, la ville de Khojaly comptait, selon le communiqué, près de 24 000 habitants avant le déclenchement du conflit. Environ 2 500 personnes se trouvaient encore sur place au moment de l’assaut. Selon les autorités azerbaïdjanaises, ces civils auraient tenté de fuir vers des villages voisins, sans succès, la ville ayant été détruite lors de l’offensive menée, affirment-elles, par les forces armées arméniennes avec le soutien d’un ancien régiment soviétique de fusiliers motorisés.
Le poids des preuves
Le communiqué insiste sur le caractère « planifié et intentionnel » de l’opération. Le siège de la ville, entamé dès 1991, la coupure des transports, des communications et de l’électricité, ainsi que les bombardements massifs, sont présentés comme les éléments d’une stratégie préméditée. Selon la même source, les actes commis, évoquant « traitements inhumains », « actes de torture » et « humiliations des corps », constitueraient une violation manifeste du droit international humanitaire.
Les autorités azerbaïdjanaises invoquent notamment la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, la Convention contre la torture ainsi que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, estimant que ces textes engagent la responsabilité juridique internationale des auteurs présumés.
Dans ce document officiel, Bakou déplore par ailleurs ce qu’il qualifie de « mépris de la communauté internationale » face aux « faits et preuves » avancés. Selon le communiqué, les exactions contre les Azerbaïdjanais se seraient poursuivies durant la période d’occupation et lors de la guerre de quarante-quatre jours en 2020.
Les autorités mettent en avant le « rétablissement de l’intégrité territoriale » du pays à l’issue de ce conflit, ainsi que la reprise de contrôle de Khojaly après les opérations de septembre 2023, présentées comme des « mesures antiterroristes ». Ces événements sont décrits, d’après la source, comme l’aboutissement d’une « justice historique ».
Aujourd’hui, assure le communiqué, la vie reprend progressivement dans les territoires reconquis. Mais Khojaly demeure, selon les termes employés, « une plaie incurable » pour le peuple azerbaïdjanais. Bakou affirme qu’il continuera de commémorer les victimes et de porter leur mémoire sur la scène internationale.
Trente-quatre ans après les faits, le drame de Khojaly reste ainsi un point de fracture majeur dans les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie et un enjeu mémoriel central pour les autorités azerbaïdjanaises.
Pathé NIANG


