L’Agence Anadolu (AA), en collaboration avec la TIKA et l’Académie nationale de la Police turque, a organisé du 3 au 14 novembre 2025 la 28e session de formation au journalisme de guerre, un programme intensif destiné à préparer les journalistes aux situations de conflit, de catastrophe et d’urgence.
Cette session, conduite à Ankara, a réuni 24 participants, dont neuf journalistes de l’Agence Anadolu et 15 reporters étrangers issus de neuf pays africains : Djibouti, Tunisie, Sénégal, Niger, Cameroun, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée et Tchad.
Dès les premiers jours, les participants ont suivi une série de cours théoriques assurés par des experts militaires, sécuritaires et académiques. Les modules abordés incluaient la théorie et la terminologie de la guerre, la lutte contre la désinformation, le droit international humanitaire, ainsi que des formations à l’opérationnel aérien et maritime. Une initiation aux premiers secours a également permis d’acquérir des réflexes essentiels en zone dangereuse.
Au troisième jour, la formation s’est poursuivie sur des thématiques stratégiques telles que la sécurité des technologies de l’information en situation d’urgence, la géopolitique africaine et la gestion des médias en contexte de crise, dispensées au campus de l’Académie de police d’Ankara.
La seconde partie du programme, plus immersive, s’est déroulée au campus de Gölbasi. Les stagiaires y ont été confrontés à des simulations de manifestations violentes, d’attaques au gaz lacrymogène, à l’exposition à des jets d’eau sous pression et à des bombes fumigènes. Ils ont également été formés à l’utilisation de gilets pare-balles, de masques à gaz et aux tactiques de déplacement en zone hostile.
Pour Demba Diao, rédacteur en chef Grand Événement et Débats au journal parlé de Radio Sénégal, cette formation représente un tournant dans l’approche du métier : « Nous avons été plongés dans une situation proche de la guerre, une réalité que nous ne vivons pas chez nous. Ce qui m’a le plus marqué, c’est que la priorité du journaliste reste de se protéger : aucune information ne vaut une vie », confie-t-il.

Il souligne également l’importance accordée aux victimes, aux conséquences sociales des conflits et à la responsabilité du traitement médiatique. « Nous avons appris à couvrir la guerre autrement, au-delà des belligérants », ajoute-t-il.
Le journaliste tchadien Aly Badour insiste sur la valeur opérationnelle de cette immersion : « Nous avons été placés dans des conditions extrêmes. Ces enseignements nous serviront pour mieux anticiper les risques, même lors de simples manifestations. La vie du journaliste doit rester la priorité », explique-t-il.
*Pour Mohamed Mainassara, journaliste nigérien, cette formation est une étape clé dans sa carrière : « Nous apprenons comment survivre, comment nous déplacer en sécurité et comment couvrir une crise avec professionnalisme. Je me sens désormais capable de conseiller mes collègues sur le terrain », assure-t-il.

À la fin de la session, les 24 participants ont reçu leurs certificats au terme d’une formation jugée rigoureuse et pertinente, tant pour les contextes africains que pour les interventions internationales.
Les institutions turques partenaires, TIKA, l’Académie nationale de la Police et l’Agence Anadolu, ont réaffirmé leur volonté de poursuivre ce programme, devenu un pilier régional de préparation des journalistes aux environnements à haut risque.
Cheikh Tidiane NDIAYE


