Derrière les compétitions et les animations des Joj « Dakar 2026 », tout un dispositif humain veille au bon déroulement de l’événement. Parmi ses acteurs, Sokhna Maïmouna Diao, « protocol manager » au Cojoj, assure l’accueil des personnalités et des membres de la famille olympique. Rencontre avec une jeune professionnelle qui transforme sa passion pour le protocole en expérience de terrain.
Le dimanche 1er novembre 2026, les activités des dix sports d’engagement battaient leur plein à la Place du Souvenir africain, sur la Corniche ouest, à Dakar. Dans le cadre du programme « Let’s Move », le public, notamment les jeunes, était invité à découvrir différentes disciplines à travers des initiations, des démonstrations et des animations.
Mais les Joj ne se résument pas aux 25 sports de compétition et aux dix sports d’engagement. Ils reposent aussi sur tout un écosystème de métiers, parfois méconnus, indispensables à leur organisation. Dans un bâtiment aménagé pour accueillir les invités de marque, notre attention est attirée par une jeune femme vêtue aux couleurs des Jeux. Il s’agit de Sokhna Maïmouna Diao, « protocol manager ». « J’ai une formation inhérente au protocole. J’ai ainsi fait un master en diplomatie et négociation stratégique », explique-t-elle.
Elle a intégré le Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (Cojoj) grâce à la « Learning Academy », au sein de la quatrième cohorte. Après une période de formation, elle a officiellement rejoint le département protocole, où elle intervient sur les différents sites.
Née à Dakar, il y a 26 ans, et ayant grandi à l’Unité 13 des Parcelles Assainies, elle a construit un parcours universitaire en cohérence avec ses ambitions. Après le collège Notre-Dame-du-Liban et son baccalauréat, elle décroche une licence en sciences politiques à Dakar Science Po, avant de poursuivre avec un double master en sciences politiques et en études supérieures diplomatiques, option diplomatie et négociation, au Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Dakar.
Elle effectue ensuite plusieurs stages, notamment à la mairie des Parcelles Assainies, dans le domaine de la coopération décentralisée, puis à la Société d’exploitation du marché international de Diamniadio. Des expériences qui précèdent son engagement dans l’aventure olympique.
L’accueil, une mission au cœur de la famille olympique
Pour ces Jeux, Sokhna Maïmouna Diao intervient sur plusieurs sites. Ce jour-là, elle prête main-forte à une collègue chargée de la Corniche ouest et du Centre équestre de Diamniadio, indisponible.
Sa mission consiste à accueillir les membres de la famille olympique : responsables du Comité international olympique (Cio), dirigeants des fédérations internationales, présidents et secrétaires généraux des comités nationaux olympiques, invités institutionnels du Cojoj et autorités sénégalaises. Son rôle est de veiller à leur confort et à leur bien-être.
Un espace convivial leur est ainsi réservé, avec des boissons chaudes et fraîches, des fruits, des chocolats, des bonbons et des collations. Un téléviseur grand écran leur permet également de suivre les activités organisées sur les autres sites. « Nous n’avons pas prévu de repas très consistants, puisque ces visiteurs sont généralement de passage », précise-t-elle.
Au-delà de cette mission, les Joj représentent pour elle une formidable école d’apprentissage. « Je suis en train d’acquérir beaucoup d’expérience à travers ces Jeux et j’en suis très fière, aussi bien sur les plans social et humain que professionnel. J’ai rencontré beaucoup de personnes et énormément appris. C’est surtout sur le plan professionnel que cette expérience est particulièrement enrichissante, parce que le protocole est une véritable passion pour moi », confie-t-elle.
Après l’avoir étudié en théorie, elle découvre désormais les exigences du métier sur le terrain. « J’ai aujourd’hui la chance de le mettre en pratique à l’occasion de ces Jeux. J’espère pouvoir continuer dans cette voie », espère-t-elle.
Une immersion qui lui permet aussi de mesurer les exigences du travail en équipe et de la gestion des imprévus. « Au Cojoj, on apprend tous les jours. On est régulièrement confronté à des situations qui nous obligent à trouver des solutions et à nous remettre en question pour donner le meilleur de nous-mêmes », souligne-t-elle.
Cette aventure olympique a également un prix : celui de l’engagement et des longues journées de travail. Durant la phase de planification, les journées étaient théoriquement prévues de 9 heures à 17 heures. Mais, dans la pratique, les horaires étaient rarement respectés. À l’approche des Jeux, certains collaborateurs pouvaient rester au bureau jusqu’à 21 heures, voire 2 heures du matin. Une disponibilité qui témoigne de l’ampleur du défi organisationnel.
Abdoulaye DEMBÉLÉ

