Au Sénégal, le mouton n’est plus un simple sacrifice religieux. C’est devenu un test grandeur nature de respectabilité sociale. Plus il est gros, plus vous gagnez en considération dans le quartier. Même si votre compte bancaire, lui, finit en soins intensifs.
La Tabaski n’a pourtant rien demandé. Ce sont nos excès qui lui ont ajouté des cornes. Au Sénégal, il faut un « tanku ndieuké » pour faire plaisir à la famille, un « fallaray goro » pour calmer les beaux-parents et un « yellu Mame » pour éviter que l’ancêtre ne vous maudisse depuis l’au-delà.
Bref, pour un mouton, il faut un plan de distribution en trois phases. Comme pour construire un immeuble. Sauf qu’à la fin, il ne reste que des os. Mais bon, chez nous, remettre en question une tradition ? Sacrilège !
Même si la Tabaski finit en indigestion… financière. Le royaume chérifien parle de « pause réfléchie ».
Chez nous, beaucoup préfèrent « mourir pour un bélier, mais mourir avec honneur ». Ou avec dettes. salla.gueye@lesoleil.sn


