Deux cents FCfa. C’est la modique somme qu’un honorable monsieur s’est vu proposer par les tanneurs dakarois pour la peau de son bélier tout juste immolé le jour de la Tabaski. Dans un reportage à la télévision, le bonhomme s’insurge contre ce prix dérisoire pour un si joli scalp. Sûrement, il a acquis le mouton à un prix d’or, pas moins de 200.000 FCfa cette année, voire plus. Et le voilà qui grommèle que les temps ont bien changé. Paradoxe, si les prix du mouton se sont envolés dans les marchés à bétail, sa peau ne vaut pas grand-chose dans les tanneries. Pourtant, aussi bien que la chèvre dont le cuir est souvent utilisé pour fabriquer des percussions traditionnelles, la peau du mouton est très usitée dans la maroquinerie et autres produits de luxe. La veille de Tabaski, en sensibilisant les populations sur la pollution environnementale avec les dérivés des boyaux des moutons souvent jetés dans la nature, dans les cours d’eau, ou juste dans la rue, l’on devrait trouver également un créneau pour collecter les peaux de plus d’un million de béliers immolés par les familles durant l’Aïd el-Kébir au Sénégal…
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