Au Sénégal, certains ont trouvé la formule magique pour évaluer l’action publique : oublier les bilans, examiner les coiffures. Une ministre inaugure un programme pour la jeunesse ? Attendons d’abord de vérifier sa coupe de cheveux.
Un projet sportif ambitieux ? Oui, mais avec ou sans extensions ? Pour les policiers du look, le chômage des jeunes peut patienter, la vraie urgence nationale, c’est le décryptage capillaire. Djiréye Clotilde Coly l’a appris à ses dépens.
En choisissant la sobriété, elle a provoqué un débat plus animé que certains conseils interministériels. Pourtant, nous vivons à l’ère du filtre, du maquillage haute définition et des apparences sous-traitées. Le faux est devenu si ordinaire que le naturel finit par paraître suspect. Martin Luther King rêvait d’un monde où l’on juge les individus sur leurs compétences. Chez nous, le contrôle qualité s’est élargi : coiffure, tenue, posture, sourire. Pendant que la République du miroir disserte sur l’esthétique, les vrais dossiers peuvent avancer discrètement. Mais à force de confondre l’accessoire et l’essentiel, nous risquons de finir impeccablement coiffés… mais complètement décoiffés sur les priorités.
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