«J’ai reçu le bonus… Le Président Bassirou Faye donne 50.000 F CFA à chaque Sénégalais pour la fête de Noël. » Tout cela relève du faux. Chaque année, la période des fêtes de fin d’année devient un terrain privilégié pour les cybercriminels et les fabricants de fausses informations. Alors que les ménages multiplient les achats, les commandes en ligne et les élans de solidarité, la vigilance baisse. Les fraudeurs, eux, redoublent d’ingéniosité. Deux phénomènes s’entremêlent particulièrement en décembre : le phishing et la désinformation.
Le phishing, appelé aussi hameçonnage, est une technique d’arnaque qui consiste à pousser une personne à divulguer ses informations personnelles – mots de passe, codes bancaires, données d’identité – ou à cliquer sur un lien piégé. Les fraudeurs se présentent comme une banque, un service de livraison, une entreprise ou même une administration afin de gagner la confiance de leur cible. La période de fin d’année est particulièrement favorable pour eux, car les consommateurs attendent des colis, reçoivent de nombreuses promotions et consultent davantage leurs messages. Les faux jeux-concours pullulent. Sous prétexte d’offrir un smartphone dernier cri ou un bon d’achat exceptionnel, ils récupèrent des données personnelles ou redirigent vers des plateformes frauduleuses. À cela s’ajoutent de fausses boutiques en ligne, spécialement créées pour la saison, qui affichent des remises extravagantes sur des produits très demandés.
Une fois le paiement effectué, la boutique disparaît. Même la générosité propre au mois de décembre est exploitée à travers de fausses collectes au nom d’ONG connues, montées dans l’unique but de détourner l’argent de donateurs de bonne foi. Cette période voit aussi proliférer la désinformation. Chaque année, des rumeurs de pénuries ou de hausses imminentes des prix refont surface, alimentant l’anxiété et poussant à des achats précipités. S’y ajoutent des vidéos ou audios relayés sur les réseaux sociaux, jouant sur l’émotion pour se propager plus vite. Les fausses vidéos appelant à aider une “famille en détresse” poursuivent avant tout un objectif de visibilité ou de monétisation. Et lorsque la fin d’année coïncide avec un contexte politique sensible, certaines intox cherchent à influencer l’opinion, en se présentant comme des “informations urgentes” qu’il faudrait partager immédiatement. Si ces pièges fonctionnent aussi bien, c’est parce que plusieurs facteurs se cumulent : fatigue, surcharge d’informations, baisse d’attention et montée du sentiment d’urgence.
Le volume de messages légitimes liés aux achats et aux livraisons rend la distinction plus difficile entre un vrai message et une tentative frauduleuse. L’ambiance festive encourage la confiance et la spontanéité, affaiblissant le sens critique. Les fraudeurs connaissent ces mécanismes et adaptent leurs attaques à ces moments de vulnérabilité collective. Pour se protéger, quelques réflexes restent essentiels : vérifier l’adresse de l’expéditeur, éviter de cliquer sur les liens reçus par SMS ou par messagerie instantanée, toujours se rendre directement sur les sites officiels, se méfier des offres trop alléchantes et vérifier toute information avant de la partager. Ignorer les audios anonymes et activer la double authentification sur ses comptes constituent des gestes indispensables pour traverser la période des fêtes avec sérénité.
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