Il fait chaud (on ne le dira jamais assez) et le mieux est de privilégier des tissus fluides et qui laissent l’air circuler. Et pour cette saison, quoi de mieux que des matières en coton et colorées pour allier style et confort. À Dakar, une étoffe s’est naturellement imposée comme LA tendance mode de cette saison : le Koko Dunda ou cocodunda.
Originaire de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, le Koko Dunda, ou cocodunda, est un tissu artisanal en coton, teint à la main, qui connaît aujourd’hui un succès phénoménal au Sénégal. Longtemps perçu comme le « pagne du pauvre », ce tissu aux motifs striés, zébrés ou floutés est devenu une véritable fierté ouest-africaine. À Dakar et dans toutes les régions du pays, il s’est imposé comme l’allié incontournable de la garde-robe pour affronter l’été.
Si le Koko Dunda est devenu le roi de cette saison estivale au Sénégal, c’est parce qu’il est conçu sur une base de percale ou de coton fin. C’est aussi un tissu très fluide qui respire. Il offre une alternative idéale au wax, parfois jugé trop rigide, ou au bazin, beaucoup trop lourd pour les hautes températures.
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Sa fibre naturelle absorbe efficacement la transpiration, garantissant un confort optimal tout au long des journées étouffantes. Et au-delà de son côté pratique, le tissu séduit aussi par son esthétique. Ses teintes lumineuses et vibrantes, du bleu azur au vert pistache en passant par l’orange vif, s’accordent magnifiquement avec la lumière d’Afrique de l’Ouest et l’ambiance des vacances.
Le Koko Dunda a d’ailleurs été totalement réinventé par les stylistes et tailleurs locaux. Autrefois réservé aux vêtements de maison, il s’est transformé en un textile de mi-saison chic et branché Les modèles les plus populaires dans les rues de Dakar se déclinent en coupes fluides et modernes : ensembles, pantalons à bas larges, combinaisons ou encore robes chemises. Il y en a pour tous les styles, avec plusieurs combinaisons possibles.
Un combo haut ample et pantalon fluide, très prisé par les jeunes femmes actives pour aller au bureau ou pour les sorties citadines. Les robes portefeuilles et les kimonos, pièces légères et faciles à enfiler, sont parfaits pour une transition élégante entre la plage et les soirées en terrasse.
Les grands boubous revisités ne sont pas en reste. Des coupes amples et traditionnelles, adaptées notamment au vendredi, arborent désormais des motifs zébrés et des couleurs plus contemporaines. De quoi donner un nouveau souffle à une pièce bien ancrée dans les habitudes vestimentaires sénégalaises.
Et parce que la mode n’aime décidément pas les frontières, les créateurs sénégalais n’hésitent pas à marier le Koko Dunda avec des touches de Thioup, le tie-dye national, ou des bordures en Faso Dan Fani, le pagne tissé burkinabè. Des associations qui donnent naissance à des pièces originales, tout en célébrant un véritable métissage de l’artisanat africain.
Comme quoi, on peut s’inspirer des autres tout en y apportant sa touche. Après tout, c’est ce qui fait l’essence même de la mode : créer des ponts où tradition et modernité se conjuguent en parfaite symbiose. Le Koko Dunda en est aujourd’hui l’une des plus belles illustrations : un tissu longtemps dévalorisé qui s’est offert une nouvelle vie, jusqu’à devenir une pièce tendance dans les rues de Dakar.
Arame NDIAYE


