En France, la mobilisation du samedi 17 octobre 2026, portée notamment par la colère contre la vie chère et les revendications des lycéens et des étudiants, a dégénéré en violences dans plusieurs grandes villes. Selon les médias locaux, les organisateurs ont revendiqué 800.000 manifestants, contre 550.000 d’après le ministère de l’Intérieur.
Derrière cette mobilisation sociale d’ampleur, des groupes violents ont multiplié les pillages, les agressions et les dégradations. À Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Limoges, des commerces ont été saccagés, des bâtiments publics attaqués et des institutions prises pour cible. Les médias rapportent près de 2.400 interpellations et 997 policiers, gendarmes et pompiers blessés. Les conséquences sont également économiques, avec des pertes pour les commerçants, des dégâts sur les équipements publics et des dépenses de remise en état qui pèsent sur les collectivités territoriales. La France est à six mois de l’élection présidentielle ; et naturellement sa classe politique s’est prononcée sur ces évènements.
Le Rassemblement national de Marine Le Pen accuse l’exécutif d’impuissance et entend incarner le camp de l’ordre. Bruno Retailleau réclame une réponse plus ferme. Jean-Luc Mélenchon dénonce la gestion gouvernementale des crises sociales. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, parle d’« actes pour faire tomber la République ». Il accuse l’ultra gauche et dit que « la main de l’État ne doit pas trembler ». Tout en reconnaissant l’angoisse de la jeunesse, il a demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu d’engager des consultations avec les syndicats, les partis et les organisations professionnelles. Ici au Sénégal, où les Jeux olympiques de la jeunesse (Joj) doivent débuter dans moins de dix jours, le Front syndical pour la défense des travailleurs (Fsdt) a observé une grève générale les 21, 22 et 23 octobre 2026 pour dénoncer la dégradation du pouvoir d’achat, la précarisation de l’emploi et le non-respect des engagements pris avec les partenaires sociaux. À la veille de la grève, plusieurs ministres ont fait face à la presse pour faire le point sur la question.
Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a proposé un moratoire de trois mois pour favoriser une trêve sociale. Le ministre Mamadou Lamine Dianté a averti que les grévistes pourraient subir des retenues sur salaire et des sanctions disciplinaires. L’exécutif souligne que le préavis déposé ne couvre pas l’ensemble des secteurs concernés. Toutefois, il assure néanmoins rester disponible pour négocier. L’opposition réclame des concertations urgentes et sincères. Une prise de position qui traduit une volonté de transformer la crise sociale en argument politique contre l’exécutif. Babacar Gaye, ancien ministre libéral, est catégorique.
Récemment sur un plateau télé, il a affirmé que « derrière tout trouble syndical, il y a une main politique (…). Les syndicalistes ne doivent pas prêter le flanc. Ils doivent discuter avec les autorités et éviter au Sénégal un chaos ». L’un dans l’autre, ces épisodes me font penser à des échanges que j’ai eus avec un confrère d’Asie du Sud-Est, on ne peut plus francophile. « Il y a quelque chose de remarquable en France et dans ses anciennes colonies, en particulier le Sénégal. Vous avez plus ou moins les mêmes problèmes. Vous mettez trop l’accent sur la démocratie et les libertés au point d’hypothéquer l’entrepreneuriat et l’économie », m’a-t-il dit. Je commence à croire sérieusement à ses propos.
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