Du 1er au 31 août, le prix du litre de super sans plomb passe de 875 FCfa à 905 FCfa et celui du gasoil passera de 700 FCfa à 725 FCfa. Pas de panique. Cela se passe en Côte d’Ivoire. Au Sénégal, la tendance est même baissière. Depuis le 6 décembre 2025, le supercarburant et le gasoil enregistrent une baisse notable : 70 FCfa pour le super et 75 FCfa pour le gasoil. Ainsi, le super est passé de 990 à 920 FCfa le litre et le gasoil de 755 à 680 FCfa, soit une baisse de 9,93 %. Mais, comment est-ce possible dans un contexte international marqué par la crise au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz ? La réponse est à chercher dans les efforts importants fournis par l’État pour soulager les ménages.
En effet, rien que pour l’année 2025, une enveloppe de 412 milliards de FCfa avait été dégagée pour maintenir les prix. Pour qui connaît l’impact du secteur des hydrocarbures sur l’économie, freiner les prix des carburants, c’est aussi contenir la hausse des prix des autres denrées de première nécessité. Cette année, l’enveloppe devrait considérablement grimper. Pourquoi ? Parce que dans ses prévisions, l’État avait tablé sur un prix du baril à 64 dollars. Des prévisions malheureusement éloignées de la réalité du moment. À la date du 3 août 2026, le prix du baril de pétrole est de 88 dollars. Ainsi donc, pour faire face à cette situation, et c’est le Document de planification budgétaire et économique pluriannuelle (Dpbep) qui le souligne, les efforts de l’État pour garantir la stabilité des prix devraient coûter 729 milliards de FCfa, contre des prévisions initiales de 250 milliards de FCfa.
Si l’initiative est salutaire, en ce sens qu’elle soulage les populations, force est de reconnaître que l’ardoise est très lourde pour les finances de l’État. Et face à des négociations interminables avec les bailleurs de fonds, du reste très regardants sur ces dépenses, une réorganisation de cette politique de subvention n’est pas à exclure. Même s’il ne s’agit pas de les supprimer, les partenaires plaident pour une réorientation plus ciblée vers les populations les plus nécessiteuses. En mission au Sénégal en mars 2025, Edward Gemayel, du Fmi, avait insisté sur la « nécessité de mettre en place un système de compensation pour les ménages les plus vulnérables ». Même s’il n’est pas contre la baisse des subventions, le Sénégal veut l’adosser à l’entrée en service de centrales solaires, utilisant des technologies moins coûteuses.

