Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, s’est livré, hier, à un exercice désormais bien installé dans le calendrier parlementaire, celui de l’ajustement budgétaire. La loi de finances initiale, votée avant le début de l’année, a subi quelques retouches.
Ce document fondateur fixe les ressources et les charges de l’État. Il détaille les recettes attendues, encadre les dépenses autorisées et trace la ligne d’équilibre du budget national.
Mais, un budget reste une photographie prise à un instant donné. Or, la réalité économique se charge souvent de la retoucher. La croissance peut ralentir, certaines recettes fiscales se révéler moins dynamiques que prévu ou, à l’inverse, des urgences nouvelles peuvent surgir. L’État peut aussi décider de lancer des projets non anticipés.
Dès lors, les chiffres arrêtés en début d’exercice ne collent plus exactement à la situation réelle. Il faut alors ajuster. Réduire certaines lignes, en renforcer d’autres. C’est dans ce contexte qu’intervient la loi de finances rectificative, plus connue sous le sigle Lfr.
À travers ce mécanisme, le gouvernement revient devant l’Assemblée nationale pour expliquer, justifier et faire valider les corrections apportées au budget initial. La loi de finances rectificative peut autoriser des dépenses supplémentaires, revoir certaines taxes ou identifier de nouvelles sources de financement. Elle peut aussi, à l’inverse, imposer des restrictions lorsque les recettes ne sont pas au rendez-vous.
Elle sert surtout à répondre à des situations exceptionnelles ou imprévues, qu’il s’agisse d’une crise sanitaire ou d’inondations, d’une flambée des prix ou de chocs venus de l’extérieur. L’exemple de la crise russo-ukrainienne reste dans les mémoires.
La hausse brutale des prix sur les marchés internationaux avait contraint l’État à revoir ses équilibres afin de soutenir des ménages déjà éprouvés par les conséquences de la Covid-19. Le budget initial n’y suffisait plus. Il fallait corriger la trajectoire.
Pour cette deuxième loi de finances rectificative de l’année 2025, plusieurs ajustements sont annoncés. Parmi eux, figure notamment le règlement des bourses des étudiants avec une enveloppe jugée conséquente. Un signal attendu dans un contexte social sensible, où la question du pouvoir d’achat reste centrale.
La Lfr ne se limite toutefois pas à une simple redistribution des crédits. Elle peut aussi servir d’outil de clarification et de rigueur budgétaire. Face aux députés, Cheikh Diba a indiqué que la Lfr 2 de 2025 constitue un instrument de correction destiné à identifier et à maîtriser l’ensemble des dettes dites cachées.
Selon lui, cette démarche a conduit à la réaffectation de 200 milliards de FCfa jusque-là mal comptabilisés, dans le but de rétablir la sincérité des comptes publics et de se conformer aux standards internationaux.
Il convient de rappeler que la loi de finances rectificative ne remplace pas le budget voté en début d’année. Elle l’ajuste, le corrige et l’actualise. Préparée par le gouvernement, elle est discutée et adoptée par les députés selon la même procédure que toute autre loi.
Prévue par les règles budgétaires, elle participe à une gestion plus responsable et plus transparente des finances publiques. Une mise à jour nécessaire pour tenter de coller au plus près aux réalités économiques et aux attentes des populations.
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