Il y a quelques mois, un homme s’était immolé par le feu avec ses deux enfants. La raison : sa femme avait demandé le divorce. C’est fou, mais il est difficile de croire que l’amour pouvait rendre fou à ce point, même si parfois il nous fait faire des choses incroyables.
Mame Fama Diouf, fondatrice de l’École du mariage et initiatrice des Assises nationales du mariage, a du pain sur la planche, surtout que dans les mariages d’aujourd’hui, ça va dans tous les sens. Sans plonger dans les mécanismes qui précèdent l’acte de suicide, il est évident que nos difficultés ne doivent pas nous amener à vouloir abréger notre vie. La vie est un don du Créateur. Elle est sacrée et doit être protégée. Et pour mener une existence utile et significative, nous devons éviter de perdre le contrôle de nos émotions et de sombrer facilement dans le désespoir. Malheureusement, aujourd’hui, l’Homme s’est arrogé de nombreux droits, au point de défier les lois de la nature humaine. Le droit à l’avortement a connu une évolution significative au fil des décennies, avec la dépénalisation de l’Interruption volontaire de grossesse (Ivg).
Plusieurs pays ont modifié leur législation pour faciliter l’accès à un avortement sûr et légal, reconnaissant progressivement le droit des femmes à disposer librement de leur corps, de prendre soi-même les décisions concernant leur santé, leur corps et leur vie sexuelle… Même si, dans d’autres contrées, le droit à l’avortement est conditionné à des situations spécifiques, comme les grossesses issues d’un viol, de l’inceste ou en cas de complications médicales pour la mère ou l’enfant, le Sénégal interdit formellement toute interruption de grossesse. À cela s’ajoute le droit de changer de sexe, non pas psychologique, mais biologique, parce que c’est un droit reconnu par le Code civil dans certains pays, de couleur de peau, de visage, de formes… La mort, en novembre dernier, des sœurs jumelles Kessler, vedettes des années 60, est venue relancer le débat sur le suicide assisté, qui se distingue de l’euthanasie désignant la réalisation de l’acte par une autre personne.
Nées en août 1936, elles ne souhaitaient plus vivre et avaient choisi de mettre fin à leurs jours ensemble grâce au suicide assisté, un acte qui permet de mettre volontairement fin à sa propre vie avec l’assistance d’une personne qui en fournit les moyens ou les connaissances. Dans plusieurs contrées, cette pratique est inscrite dans la loi. Les personnes doivent agir librement et être entièrement responsables de leurs actes, et nul autre, même désigné, n’a le droit de donner la mort aux candidats souhaitant disparaître. Le phénomène du suicide, un « fait social », comme le rappelle Durkheim, s’impose de plus en plus dans nos sociétés, toutes classes sociales confondues. Le désespoir, la pauvreté extrême, l’injustice sociale, l’absence de toute perspective, la déception, la jalousie ont parfois pour issue fatale le suicide. Chaque suicide est une tragédie qui affecte des familles, des communautés. On en oublie même que la vie est un cadeau du Créateur et qu’il est de notre devoir de la protéger.
C’est pour cette raison qu’il est strictement interdit, en Islam, de se suicider parce qu’on désespère de la miséricorde de Dieu ou à cause de difficultés quelconques. Dans la sourate AL-Imran (la famille d’Imran), au verset 145, Dieu avertit : « Personne ne peut mourir que par la permission d’Allah et au moment prédéterminé. Quiconque veut la récompense d’ici-bas, Nous lui en donnons. Quiconque veut la récompense de l’au-delà, Nous lui en donnons et Nous récompenserons bientôt les reconnaissants ». Face aux épreuves, certaines personnes peuvent être tentées par le suicide. Mais, le Seigneur rappelle dans la sourate Luqman, au verset 34 : « La connaissance de l’Heure est auprès de Dieu. Et c’est Lui qui fait tomber la pluie salvatrice. Et Il sait ce qu’il y a dans les matrices. Et personne ne sait ce qu’il acquerra demain et personne ne sait dans quelle terre il mourra. Certes, Dieu est Omniscient et Parfaitement Connaisseur ». En terme clair, nul n’a le droit de se donner la mort, quelles qu’en soient les raisons. C’est le Maître des Cieux et de la Terre qui donne la vie et qui la reprend. Celui qui choisit de mettre fin à la sienne renonce à sa chance de recevoir Sa miséricorde et s’expose à ses châtiments. Il faut toujours garder espoir malgré les vicissitudes de l’existence.
samba.oumar.fall@lesoleil.sn

