Il est présenté comme le youtubeur américain le plus célèbre du monde. Darren Watkins Jr, alias IShowSpeed, a entamé une tournée africaine devant le mener dans une vingtaine de pays africains, dont le Sénégal. Une opportunité immense et inespérée pour notre pays de disposer d’une visibilité inouïe lors du passage du jeune afro-américain né il y a 20 ans dans le Cincinnati.
Le jeune américain est plus qu’un phénomène. On l’appelle le « Marco polo de l’ère numérique ». Il cumule sur ses plateformes plus de 130 millions d’abonnés et ses lives sont regardés par des centaines de millions de personnes à travers le monde. Il a, auparavant, fait le tour des Amériques, une partie de l’Europe et de l’Asie. Et à chacune de ses sorties broadcastées en live, c’est l’hystérie.
En Estonie, c’est un ponton qui a cédé sous le poids de ses fans, en Lituanie, c’est le ministre de l’Économie en personne qui l’a accueilli à la sortie de l’avion. Vilnius a payé 23 500 euros pour sa venue dans l’espoir de retombées touristiques. Les autorités péruviennes ont fait de lui le maire de Lima pendant une heure, etc.
Le magazine « Times » a classé ce jeune homme, qui s’essaie parfois à l’athlétisme pour les Jeux olympiques de 2028, parmi les créateurs de contenus les plus influents au monde et les personnalités se l’arrachent. En juin 2024, sa vidéo la plus populaire, Shake, a eu environ 208 millions de vues. Mais, ces derniers temps, sa véritable notoriété vient de ses tournées internationales.
Un tour du monde au cours duquel il (re)plonge ses followers dans les us et coutumes, mais aussi ce que les pays visités ont de plus cher, de plus grand, de plus prestigieux, de plus moderne. Une invitation à la découverte. Au voyage. À l’action.
Si les pays accordent beaucoup d’importance aux visites de IShowSpeed, c’est qu’il bénéficie d’une audience extraordinaire dont ils espèrent tirer profit pour donner la meilleure image possible de leur Nation et, par ricochet, en tirer des bénéfices.
Durant l’étape africaine de sa tournée mondiale, prévue du 29 décembre 2025 au 26 janvier 2026, le phénomène américain visitera 20 pays en 28 jours. D’ailleurs, il est actuellement en Afrique australe où il a visité l’Angola, le Botswana, l’Eswatini, le Mozambique, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe.
Dans ces pays déjà visités, IShowSpeed a suscité un immense engouement populaire et médiatique. Accueilli par des foules impressionnantes, il a multiplié les rencontres avec les artistes, les influenceurs et les communautés locales. Il s’est aussi pavané dans les artères des grandes villes africaines.
Une belle occasion de mettre en valeur l’Afrique puisque la tournée a offert une image vivante, moderne et créative du continent. « L’Afrique m’a montré un amour que je n’oublierai jamais », s’est extasié le streamer qui va sans doute contribuer à déconstruire certains stéréotypes.
En effet, l’Afrique, ce n’est pas un pays, mais une cinquantaine. Ce n’est pas que la guerre et la misère, les huttes et les « Big five » (le lion, le léopard, l’éléphant, le rhinocéros et le buffle du Cap). L’Afrique, c’est aussi la civilisation, la modernité, la croissance et l’espérance.
Et des Afro-Américains qui étaient biberonnés d’une narrative pas du tout favorable au continent ont, avec cette tournée de IShowSpeed, découvert et aimé l’Afrique. La vraie Afrique qu’on ne montre jamais.
Lorsqu’il sera dans nos murs, montrons-lui ce qui fait notre fierté et notre identité. Ce que nous chérissons le plus. Notre Teranga. Nos acquis démocratiques. Nos potentialités et nos réalisations sur le long chemin du développement.
Ainsi, il va certainement nous faire bénéficier de sa notoriété en nous donnant plus de visibilité, mais en nous menant également vers les sommets. IShowSpeed us !
Au-delà des retombées, le Sénégal doit tirer deux enseignements de la visite de IShowSpeed : profiter davantage de l’image et de la notoriété de Khaby Lam et cibler la niche des Afro-Américains qui souhaitent vivre ou investir en Afrique. Des pays comme le Ghana et le Bénin s’y sont déjà mis en donnant la nationalité, et tout ce qui va avec, aux afro-descendants qui le désirent.
aly.diouf@lesoleil.sn

