C’est bientôt la rentrée scolaire. Après avoir passé quelques semaines de vacances, élèves et enseignants rejoignent finalement les classes. Pour les chefs de famille, cette période est assez éprouvante, car tenaillés entre les frais de scolarité et l’achat de fournitures et d’habits pour les enfants. Les dépenses augmentent. Pour les maires également, cette période n’est jamais de tout repos.
Entre les écoles qu’il faut réhabiliter, désherber et nettoyer, les services techniques municipaux sont mobilisés à longueur de journée. Avec l’hivernage aussi, certains établissements sont envahis par les eaux qu’il faut pomper avant l’arrivée des apprenants. Certes, il incombe souvent aux autorités administratives (préfets et sous-préfets principalement) de préparer la rentrée scolaire, mais rien ne pourra se faire sans l’apport des maires. D’ailleurs, préparer les écoles à accueillir les élèves ne permet pas de répondre au concept, aujourd’hui, en vogue de « Ubi tey, diang tey ». Car les élus locaux mettent aussi la main à la poche pour accompagner les établissements par l’achat de matériel didactique, de fournitures aux élèves et l’octroi de bourses aux plus démunis. À cet effet, des conventions sont signées par les communes avec des écoles privées pour faciliter à certains élèves l’accès aux établissements.
C’est dire qu’au-delà de l’accompagnement qu’ils ne cessent d’apporter aux populations, la plupart des maires sont attachés aux vertus républicaines. Et dans ce sens, le fonctionnement des écoles est toujours érigé au rang de priorité. Outre la santé, l’éducation engloutit une grande partie des budgets de nos mairies. Entre octroi de bourse, achat de tables-bancs, de fournitures ou encore réfection de murs de clôture, c’est souvent des millions de FCfa qui sont injectés dans le secteur éducatif. À l’heure actuelle, les élus font face à ce « mammouth » que constituent les écoles. Seulement, ce n’est jamais facile pour les communes de s’acquitter de ces dépenses utiles et indispensables pour les populations. Malgré leur volonté de satisfaire les parents d’élèves et le corps enseignant, l’action des élus est freinée par leurs moyens limités. Entre les communes, on note toujours une disparité dans les interventions.
Si les mairies de ville et des grandes agglomérations sont capables de sortir les gros moyens pour faire face aux innombrables dépenses de la rentrée, ce n’est pas le cas des communes rurales. On assiste souvent à une rentrée à deux vitesses, selon la collectivité locale dont on est issu. Certes, les efforts de l’État pour donner la chance à chaque Sénégalais de pouvoir étudier sur l’ensemble du territoire sont louables. Mais le ministère de l’Éducation nationale doit accompagner davantage ces communes par la dotation de fournitures aux élèves de l’élémentaire. Dans les années 1980, tous les élèves sénégalais se voyaient octroyer un paquet de fournitures. Ce qui était toujours source de soulagement pour les parents et pour toute la communauté. Aujourd’hui, la privatisation de l’école au Sénégal n’offre plus de marge de manœuvre aux parents, encore moins aux communes. Chaque année d’ailleurs, on assiste à un renchérissement des dépenses scolaires. Le risque est d’exclure du système une partie des enfants issus de familles démunies ou de communes aux moyens limités.
maguette.ndong@lesoleil.sn


