Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est indigné cette semaine sur les dérives des réseaux sociaux. C’était lors de l’installation du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal (Ccjs), au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose.
Cette structure qui compte 1.227 membres est une instance consultative créée afin de mieux associer les jeunes dans la gouvernance du pays. « Aujourd’hui, beaucoup de gens se cachent derrière leur téléphone et leur clavier pour tenir des propos qu’ils n’osent pas soutenir en face de la personne (…) Le débat, oui. La contradiction, toujours. Mais le mensonge et l’injure, jamais », a argué le chef de l’État.
À côté de ces hors-la-loi virtuels, il y a ceux qui sont à la recherche de clics et de vues effrénées qui n’en font qu’à leur tête, foulant au pied nos valeurs communes et in fine notre commun vouloir de vivre ensemble. Pour du contenu à monétiser ; des espèces sonnantes et trébuchantes.L’avènement des réseaux sociaux a certes démocratisé l’accès à l’espace public, mais il a amené avec lui un lot de pratiques qui mettent à nu nos us et coutumes et menacent la vie en communauté. Certes, les réseaux sociaux ont démocratisé la parole, mais ils ont aussi amplifié la diffusion d’opinions parfois peu éclairées, donnant à chacun une audience qu’il n’avait pas auparavant. D’où la fameuse citation du philosophe italien Umberto Eco sur les réseaux sociaux.
Au-delà des dérives, le président de la République a attiré l’attention des jeunes sur l’Intelligence artificielle (IA) et le rôle et la place que doivent occuper nos jeunes pour ne pas être que des consommateurs dans cette nouvelle révolution. Il est important pour eux de se projeter, de s’adapter et d’agir et non pas de subir. Ainsi, face à des machines nourries ailleurs, dans d’autres langues, avec d’autres valeurs, le chef de l’État a dit son souhait d’avoir des acteurs qui conçoivent ces outils technologiques qui apprennent nos langues, respectent nos valeurs et qui se plient à nos besoins.
Ailleurs, d’autres pays s’adaptent. En Côte d’Ivoire, pour lutter contre les dérives des réseaux sociaux, les autorités déroulent une campagne publicitaire autour du thème « En ligne, tous responsables ». En d’autres termes, ceux qui partagent les contenus sont autant responsables que leurs créateurs. Car partager, c’est aussi amplifier ; assumer, en partie, une responsabilité. En Chine, les applications qui ne sont pas conçues dans le pays font l’objet de restrictions. Celles de Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi (Batx) sont tenues de promouvoir les bonnes habitudes, de participer à l’éveil des consciences et à l’éducation citoyenne des populations, surtout les jeunes. Une responsabilité citoyenne assumée. En effet, l’IA est considérée, par certains, comme le nouvel or noir. Et beaucoup de particuliers, d’entreprises ou bien d’État misent sur le créneau.
Aux Émirats arabes unis, une économie pétrolière qui cherche à se diversifier, l’IA devrait représenter près de 14 % du Pib d’ici à 2030, selon les projections officielles de la stratégie nationale de ce pays du Golfe. C’est dans cette optique que le Sénégal s’est engagé dans le développement de l’IA pour dynamiser son économie et accélérer sa transformation. Aujourd’hui, l’IA est rapidement passée d’une simple innovation technologique à un enjeu politique, économique et stratégique majeur. Des pays investissent des milliards d’euros afin de développer leurs propres modèles d’IA, attirer les meilleurs chercheurs et construire les infrastructures nécessaires à cette nouvelle révolution technologique. Selon l’AI Index de 2026, les États-Unis, la Chine, la France et le Royaume-Uni sont les plus avancés en termes de recherche et développement de l’IA.
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