Astre brillant jusqu’à dimanche, Lionel Messi a traversé la finale du Mondial-2026 contre l’Espagne comme une ombre, inexistante et inoffensive, sur le gazon maudit du MetLife Stadium où il avait (brièvement) dit adieu à la sélection dix ans plus tôt.
Au moment où Ferran Torres a trouvé la faille et célébré comme un beau diable (106e, 1-0), le petit génie était près seul de la ligne médiane, la tête basse et son rêve envolé, au bout d’une rencontre dans laquelle il n’a jamais vraiment existé. C’est une bien triste fin pour le capitaine argentin, monstre de longévité et d’élégance balle au pied, incapable cette fois d’amorcer la révolte, malgré une présence plus remarquée en prolongation. Le chef d’orchestre de l’Albiceleste a déroulé une magnifique partition durant toute la Coupe du monde, sa sixième personnelle, en empilant les buts (huit) et les passes décisives (quatre) du haut de ses 39 ans.
Mais il a terminé sur une fausse note, sa boîte à magie ayant été totalement enselevie sous l’implacable rouleau compresseur espagnol. L’Argentin n’a tenté son premier tir qu’à la 120e, et Messi n’a touché le cuir qu’à 54 reprises, une goutte d’eau pour le maître à jouer. L’expulsion de son lieutenant Enzo Fernandez, juste avant la prolongation, n’a certes pas aidé. Cependant, rien n’a été fait auparavant pour laisser entrevoir un dernier éclair du génie. L’octuple Ballon d’or a comme d’habitude laissé le pressage à son binôme d’attaque, Julian Alvarez, pour se concentrer sur ce qu’il fait le mieux : scanner le terrain à la recherche du petit espace laissé libre, pour s’y engouffrer et déclencher ses coups de rein ou coups de pied magiques.
Dans le premier quart d’heure, il n’a touché le ballon qu’une fois : sur le coup d’envoi. Il a rejoint les vestiaires à la pause avec un compteur affichant quinze ballons touchés, aucun dans la surface. Cette influence réduite, voire inexistante, n’est pas une première dans ce Mondial nord-américain, où il a eu l’habitude dans les matchs-couperets de se faire discret d’abord, puis de frapper fort à la fin.
AFP

