À travers la grâce accordée à des supporters sénégalais condamnés lors de la Can au Maroc, le royaume chérifien réaffirme la profondeur des liens historiques qui l’unissent au Sénégal. Dans cette contribution, le journaliste Charles Agbo décrypte la portée diplomatique, symbolique et humaine d’un geste qu’il inscrit dans la tradition de proximité entre Rabat et Dakar
La grâce accordée par le roi Mohammed VI à des supporters sénégalais condamnés pour des infractions commises lors de la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc ne relève pas seulement d’une décision judiciaire. Elle intervient dans un contexte particulier, à l’occasion de l’Aïd al-Adha, et s’inscrit dans une relation ancienne entre Rabat et Dakar.
Entre le Maroc et le Sénégal, la relation dépasse depuis longtemps le cadre diplomatique classique. Elle repose sur une proximité politique, religieuse, humaine et culturelle qui a traversé les générations.
Dans ce contexte, la décision royale prend une portée particulière. Elle permet de distinguer clairement les faits commis pendant une compétition sportive de la relation entre deux peuples.
Le moment retenu est également significatif. L’Aïd al-Adha est une fête de solidarité, de pardon et de rapprochement. En accordant cette grâce à cette occasion, le souverain marocain inscrit la décision dans un registre humain autant que diplomatique.
Ce geste rappelle aussi la place singulière du Sénégal dans la politique africaine du Maroc. Dakar n’est pas un partenaire parmi d’autres. Le Sénégal occupe une position importante dans les équilibres ouest-africains et dans le dialogue politique entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.
Au-delà de l’actualité immédiate, la grâce royale rappelle que la relation Maroc-Sénégal reste l’un des axes les plus solides de la diplomatie africaine de Rabat.
Par Charles Agbo, journaliste spécialisé des questions économiques.


