Du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, les Lions de la Teranga et leurs frères africains se sont engagés dans la plus prestigieuse compétition de football du continent, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), organisée en territoire marocain. Pour la première fois de son histoire, la compétition s’est étendue sur deux années civiles. Toutes les conditions étaient réunies pour que la 35ème édition de la CAN offre au monde entier un spectacle footballistique exceptionnel.
Pratiquement toutes les équipes disposaient d’un bon effectif avec un niveau de football relevé. Les stades répondaient aux normes internationales et le climat était favorable, car pratiquement identique à celui de la plupart des pays où évolue la majorité des joueurs sélectionnés.
Le Sénégal, revenu de sa mésaventure lors de l’édition de 2023 en Côte d’Ivoire, a très tôt montré à ses adversaires qu’il n’était pas simplement venu participer à la compétition, mais plutôt pour la gagner. Dès son entrée en lice, le dimanche 23 décembre 2025, les Lions de la Teranga infligent un net score de trois (03) buts à zéro (0) aux Zèbres du Botswana.
Un détail symbolique mérite d’être souligné : un dimanche, le dernier de l’année 2025, pour démarrer en force et un autre dimanche, le 18, l’avant-dernier du premier mois de l’année 2026, pour terminer en beauté en remportant le match, la finale et le trophée. Génial ! À croire que Allah SWT Lui-même était du côté du Sénégal. Qu’il en soit ainsi pour la Coupe du Monde 2026, Amiine.
Je profite de cette occasion pour adresser mes vives félicitations à nos Lions, à la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), à l’État du Sénégal, au peuple sénégalais dans son ensemble et surtout, surtout à un Homme : notre sélectionneur National, Monsieur Pape Bouna THIAW.
Nous avons certes une équipe capable de gagner dans des conditions normales, mais il nous a fallu, à un moment donné, nous départir de la Teranga pour renverser la situation et gagner.
Cela m’agrée de partager la réflexion du grand journaliste de la RTS, un Homme dont j’admire la pertinence, l’éloquence et la profondeur intellectuelle. Je veux nommer le doyen Oumar DIAW, qui dans sa chronique intitulée « Lions du Sénégal, Lions rouges », diffusée lors du journal télévisé de 20h sur RTS1, le lundi 19 janvier 2026, souligne que : « …Lions de la Téranga, cette appellation pose un problème fondamental d’inadéquation… ». Ne faudrait-il pas revoir cette appellation ? Le débat est ouvert. De grâce, pas pour se taper dessus.
Beaucoup de choses pourraient être dites sur le déroulement de cette compétition, notamment sur l’arbitrage ou encore sur le comportement de la Confédération Africaine de Football (CAF) et la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). Toutefois, nous préférons orienter notre réflexion vers une question autrement plus fondamentale pour le développement de notre Nation.
Après le sacre des Lions, comme le veut la tradition, le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE accompagné du Premier Ministre, Monsieur Ousmane SONKO et de la Première Dame, Madame Marie Khone FAYE, est sorti pour communier avec le peuple massivement mobilisé devant les grilles du Palais de la République.
Lors de sa prise de parole pour féliciter les Lions et le peuple, il a paraphrasé l’un de ses prédécesseurs en ses terme « Kou def lu reuy am lu reuy » annonçant ainsi sa volonté d’accorder aux Lions des récompenses à la hauteur de l’exploit.
Le mardi 20 janvier 2026, au palais, lors de la cérémonie officielle de présentation du trophée au Président de la République, le Chef de l’Etat annonça que :
chaque joueur va recevoir une prime individuelle de 75 millions de francs CFA et un terrain de 1.500 m² sur la Petite Côte ;
les membres du staff technique et ceux de la Fédération recevront chacun 50 millions de francs CFA et un terrain de 1.000 m² ;
les membres de la délégation recevront chacun 20 millions de francs CFA et un terrain 700 m² ;
et une prime globale de 305 millions sera attribuée au Ministère des sports.
Ces récompenses sont amplement méritées, car le sport et particulièrement le football est devenu un facteur géopolitique. Pour preuve, depuis cette victoire, le non du Sénégal occupe le devant de la scène internationale. Et au regard de ce qui s’est passé lors de la final et en dehors, toutes les nations sont désormais tenues de traiter avec le Sénégal dans le respect.
Au-delà de l’aspect symbolique, je vois à travers ces récompenses une opportunité exceptionnelle pour booster l’économie nationale. En toute modestie, je suggère à l’Etat en lieu et place des récompenses individuelles, de proposer aux ayants droit un projet d’investissement : la création d’une société anonyme (SA) spécialisée dans l’agriculture et la transformation agro-alimentaire, dont les joueurs et les autres bénéficières deviendraient actionnaires.
Rien que pour les vingt-huit joueurs, un capital social de 2,1 milliards de Francs CFA en numéraire et 42.000 m2 soit 4,2 hectares (ha) sera mobilisé. Sachant qu’un mètre carré sur la petite côte peut valoir l’équivalent de dix (10) mètres carrés voir plus à l’intérieur du pays. Cette superficie (4,2ha) correspondrait à environ 42 ha de surface de terre pour une exploitation agricole et des installations industrielles.
A cela s’ajoute les apports en numéraire et en nature (foncier) destinés aux membres du staff technique, de la Fédération et ceux de la délégation. L’ensemble constituerait un capital social largement suffisant pour la création d’une société et par conséquent renforcer les jalons de l’industrialisation.
L’Etat pourrait également entrer dans le capital de la société en apportant 100, 500 ou 1.000 ha voir plus selon la disponibilité des terres réservées à l’exploitation agricole.
Pour mobiliser les ressources financières suffisant pour couvrir les besoins (investissement et exploitation) sans recourir à une ligne de crédit bancaire ; l’Etat pourrait mettre en vente, exclusivement aux sénégalais, les terrains initialement destinés aux Lions avec une priorité accordée à ces derniers et un paiement échelonné sur 12mois.
A un prix moyen, estimé à 500.000Fcfa le mètre carré, les 42.000m2 vaudraient 21 milliards FCFA. Ces fonds viendront en augmentation des parts de l’Etat, qui devient actionnaire majoritaire de la société.
Pour être en phase avec les politiques publiques notamment la réorganisation du tissue économique en pôles ; un tel projet pourrait à lui seul porter plus 40% l’économie d’un pôle.
Combien d’emploi un tel projet peut générer ? De la graine (semence) du riz, du mil, du maïs, du sorgho, du fonio entre autres denrées, jusqu’au repas dans le grand bol familial ou un produit fini sur des étals de nos marchés traditionnels ou dans les rayons des hypers machés, en passant par de nombreuses étapes de la production, la création des milliers d’emplois sera assurée.
Prenons juste deux produits, le riz et le maïs, pour analyser la valeur du marché en termes de chiffre d’affaires prévisionnel.
Le Ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Sérigne Guèye DIOP lors de la conférence de presse du Gouvernement « kàddu », souligne que le Sénégal consomme 100.000 tonnes de riz par mois et importe 450.000 tonnes de maïs par an.
Pour le riz, avec un prix de vente de 250.000 Fcfa la tonne (soit 250Fcfa/kg), c’est un marché de 300milliards FCFA par an. Une part de marché de seulement 30% est équivaut à un chiffre d’affaires annuel de 90 milliards FCFA.
A ne pas oublier que notre Thiébou dieune (ou ceebu jën) national (…), est fait essentiellement à basse du riz. Est-ce normal que nous continuons d’importer du riz ? Suivez ma réflexion.
Quent au maïs, Monsieur le Ministre a également indiqué que l’Etat a déjà signé un accord avec les provendiers (producteurs d’aliments à base du maïs) pour la production de 25.000 tonnes. Il reste alors un déficit de 425.000 tonnes à couvrir.
C’est alors des parts de marché d’une valeur de 127,5 milliards FCFA à 300.000 FCFA la tonne (300Fcfa/kg) à prendre.
Seulement avec ces deux produits, la nouvelle société pourrait réaliser un chiffre d’affaires minimum de 140 milliards Fcfa par an (soit 90 milliards sur le riz et 50 milliards sur le maïs). Sans compter le chiffre d’affaires qu’elle pourrait aussi réaliser sur les autres produits. Il y’a de quoi s’engager non ? Chaque acteur tirera profit de son investissement.
L’Etat pour sa part collectera des impôts et taxes (recettes fiscales), percevra des dividendes, gagnera des points en matière de réduction du taux de chômage et engagera pleinement sa marche vers la souveraineté économique.
Chaque emploi créé est un salaire pour une famille et, par conséquent, une amélioration des conditions de vie la population. Pour les Lions et associés, c’est la retraite dorée qui sera assurée.
Il est certes appréciable de posséder une maison ou un hôtel sur la petite côte mais avoir la possibilité de devenir actionnaire d’une société appelée à porter l’économie de son pays, faire partir des personnes qui créent des emplois pour leurs concitoyens est une opportunité à saisir.
La dynamique de vouloir se surpasser pour sa Nation, le sens de la responsabilité, le patriotisme et la synergie qui entourent cette équipe nationale de football doivent être capitalisés et orientés dans des projets de développement.
Après tout, nous n’avons que des idées et la volonté. Aux décideurs d’en juger la pertinence.
Nfamara MENDY
Comptable, Militant PASTEF
Parcelles Assainies, Unité 22


