Le Conseil municipal de la commune de Djinaky a adopté, vendredi 23 octobre, son Plan de développement communal (PDC) 2026-2030 aligné au référentiel « Vision Sénégal 2050 ». Il est organisé autour de quatre axes stratégiques déclinés en programmes et projets. Le coût global du Pdc est estimé à plus de 10 milliards de FCFA.
BIGNONA – « Bâtir un pôle rural prospère, inclusif et résilient ». Telle est la vision de la commune de Djinaky dirigée par Alphoussény Diémé qui compte s’appuyer sur une gouvernance participative et la valorisation des ressources naturelles. L’équipe municipale entend matérialiser cette vision à travers un Plan de développement communal (PDC) 2026-2030, validé vendredi 23 octobre.
Dans les projets, il s’agira, d’après le maire, de transformer les atouts territoriaux en facteurs de développement et de création de richesses, de valoriser le dividende démographique et de développer un système d’exploitation et de gestion durable de l’espace communal, résilient au changement et au dérèglement climatiques.
Le coût global de financement du Pdc est estimé à 10 218 050 000 FCFA. Pour sa réalisation, la municipalité compte sur le budget communal alimenté par les produits des taxes, les transferts de l’État, les financements de divers organismes nationaux qui travaillent dans la décentralisation comme le Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), la coopération décentralisée ainsi que sur les projets/programmes de l’État (Anrac, Plan Diomaye pour la Casamance…), mais également sur les emprunts et le partenariat public-privé.
Alphoussény Diémé a expliqué que la mise en œuvre de cet outil de gestion communale, dont l’élaboration est financée par le Programme de développement économique de la Casamance (PDEC), avec l’accompagnement de l’ARD de Ziguinchor, sera précédée d’une large concertation à l’issue de laquelle les meilleurs schémas organisationnels seront construits pour garantir son succès dans tous les domaines de compétences transférées, essentiellement.
Aussi, pense le maire, « la vocation agricole de la commune, en cohérence avec celle du pôle territoire sud, invite à renforcer la collaboration avec les organisations paysannes ».
Riche commune
Située dans l’arrondissement de Kataba 1, la commune de Djinaky couvre une superficie d’environ 446,58 km² et compte 25 villages. Elle est limitée au nord par Kataba 1, au sud par Diégoune et Kartiack, à l’ouest par la commune de Kafountine et à l’est par les communes de Suelle et Djibidione.
À en croire le maire, la circonscription abrite d’importantes formations végétales et plusieurs espèces fauniques. « Les formations forestières couvrent une superficie de 21 812,56 ha, soit 48,85 % de la superficie communale », fait-il savoir.
Il poursuit : « Riches et variées, elles sont composées de la végétation dense, de la savane boisée et de la mangrove et sont exploitées par les populations qui y prélèvent des produits ligneux (bois de chauffe, bois d’œuvre), non ligneux (fruits, feuilles, racines, écorces) et de la pharmacopée, avec des revenus pour la population et une alimentation en protéines végétales.
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Cependant, dénonce Alphoussény Diémé, la forêt et les mangroves font face à plusieurs menaces. « Il s’agit, entre autres, de l’exploitation abusive et des coupes illicites des forêts, des feux de brousse, du déficit pluviométrique et de la disparition de certaines espèces animales », liste-t-il.
Les jeunes représentent 75 % de la population de la commune. À l’instar de plusieurs communes du département de Bignona, « Djinaky n’a pas été épargnée par la crise casamançaise, qui a occasionné des déplacements de populations abandonnant leurs villages », explique le maire.
À la faveur de l’accalmie notée depuis quelques années, informe-t-il, ces populations déplacées ont entamé leur réinstallation progressive avec l’accompagnement des ONG, des partenaires au développement et des projets et programmes de l’État, notamment le « Plan Diomaye pour la Casamance ».
Le maraîchage, activité phare dans la commune
Le maraîchage, ajoute Alphoussény Diémé, est une activité phare des jeunes et des femmes de la commune. Elle se développe dans des blocs maraîchers collectifs, notamment des groupements de femmes organisées sous forme de GIE, avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Il y a aussi des blocs maraîchers individuels. « Le maraîchage participe à l’amélioration des conditions de vie des ménages grâce à la commercialisation des productions », confie le maire.
L’existence d’équipements de transformation participe également à l’allègement des travaux de la femme et favorise l’entrepreneuriat féminin. À ce titre, il est dénombré 31 moulins, 19 décortiqueuses, 12 batteuses, 4 presses à huile et 3 unités de transformation, dont 2 privées (l’une étant non fonctionnelle).
Kadidiatou SONKO (Correspondante)


