Dans ce village de la commune de Sam Yabale, dans l’arrondissement de Darou Mouhty, département de Kébémer, les populations vivent avec plusieurs difficultés qui pèsent sur leur quotidien. L’absence d’électricité, l’enclavement, les problèmes d’accès à l’eau potable et les insuffisances dans la prise en charge sanitaire figurent parmi leurs principales préoccupations. Face à cette situation, elles lancent un plaidoyer en direction des pouvoirs publics.
LOUGA- Niché dans les profondeurs du département de Kébémer, Thidé Nganadou semble comme posé au milieu d’une vaste étendue de verdure. Le village, rattaché à la commune de Sam Yabale, dans l’arrondissement de Darou Mouhty, reste cependant difficile d’accès en raison de son enclavement.
Depuis la capitale régionale, il faut emprunter la route nationale en direction de Dahra Djolof. Après une trentaine de kilomètres, l’itinéraire conduit jusqu’à Thiamène. C’est là qu’il faut quitter l’axe principal et s’engager sur une piste rurale longue d’une quinzaine de kilomètres.
En cette période d’hivernage, le décor change. De part et d’autre de la piste, un tapis herbacé recouvre le sol et donne à la campagne des allures de vaste prairie. Des troupeaux apparaissent au loin, occupés à brouter paisiblement sous la surveillance des bergers. Certains ont trouvé refuge à l’ombre des arbres, loin de la chaleur.
Après environ une heure de trajet, Thidé Nganadou se dévoile enfin. À l’entrée du village, les habitations en dur côtoient encore les maisons traditionnelles. Une image qui témoigne du caractère rural de cette localité créée, selon les habitants, vers les années 1800.
L’absence d’électricité figure parmi les principales doléances
Majoritairement peuplé de Peuls, Thidé Nganadou vit essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. La population est estimée à plus de 3 000 habitants. Mais derrière cette activité rurale, les habitants sont confrontés à des difficultés qui affectent plusieurs aspects de leur vie quotidienne.
« Nous sommes dans des conditions très précaires, car nous manquons presque de tout », dénonce El Hadji Ka. Pour lui, le déficit d’électrification constitue un frein au développement de la localité.
« Nous n’avons pas d’électricité. Cette absence de courant bloque le développement de notre communauté dans tous les domaines », déplore-t-il.
Dans le village, cette situation touche également les enfants. « Nos enfants révisent leurs leçons à la lueur des bougies ou des lampes de poche », raconte le natif de Thidé Nganadou. Une situation qui, selon lui, rend les conditions d’apprentissage encore plus difficiles.
Une piste qui complique les déplacements
À l’absence d’électricité s’ajoute l’enclavement. Pour les populations, l’état des voies d’accès constitue un autre obstacle au développement du village.
Djoumo Ka, représentant du chef de village, insiste sur cette difficulté. « En plus d’être enclavés, nous n’avons pas de route digne de ce nom », regrette-t-il. Il plaide pour le bitumage de l’axe Thiamène-Sam Yabale. Une infrastructure qui, selon lui, faciliterait les déplacements des populations, mais aussi l’évacuation et la commercialisation des productions agricoles et pastorales.
L’eau potable, une autre préoccupation
L’accès à une eau de qualité reste également au centre des préoccupations. Le village dispose bien d’un forage, mais la qualité de l’eau constitue un problème pour les habitants.

Selon Isma Ba, l’eau est fortement salée. Une situation qui pose particulièrement problème aux femmes enceintes. « Nos femmes enceintes ne boivent pas cette eau », explique-t-il.
Cette contrainte oblige ainsi les populations à chercher d’autres solutions pour disposer d’une eau jugée plus adaptée à la consommation.
Le manque de sage-femme, une difficulté pour les femmes
Dans le domaine de la santé, les populations soulignent également les limites du dispositif existant. Le poste de santé du village ne dispose pas de sage-femme, selon Djoumo Ka. Cette absence complique la prise en charge des femmes enceintes, particulièrement lorsque surviennent des situations nécessitant une intervention rapide.
Pour les habitants, le renforcement du personnel de santé apparaît donc comme une nécessité pour améliorer la prise en charge sanitaire dans cette localité éloignée.
Thidé Nganadou accueille également chaque année un gamou qui attire de nombreux fidèles venus de différentes localités. Ce rendez-vous religieux constitue un moment important pour la communauté.
Les populations souhaitent toutefois un accompagnement plus conséquent des autorités lors de cet événement. Elles estiment que le soutien institutionnel reste insuffisant au regard de l’importance de la manifestation.
Un plaidoyer pour sortir de l’isolement
Électricité, route, eau potable, santé : les préoccupations exprimées par les habitants de Thidé Nganadou touchent ainsi à plusieurs secteurs essentiels de la vie quotidienne.
À travers leurs témoignages, les populations lancent un appel aux autorités de l’État. Elles souhaitent voir leurs conditions de vie améliorées et leur village davantage intégré aux politiques publiques de développement.
Pour ces habitants, le désenclavement, l’accès à l’électricité et à une eau de qualité, ainsi que le renforcement de l’offre sanitaire constituent autant de priorités pour permettre à Thidé Nganadou de mieux valoriser ses activités agricoles et pastorales et d’offrir de meilleures conditions de vie à ses populations.
Falel PAM (correspondant)


