Le rond-point du pont Nelson Mandela de Foundiougne, servant d’entrée dans la ville, est devenu plus ou moins une zone accidentogène. Une situation préoccupante qui a poussé le préfet Jean-Paul Malick Faye à convoquer une rencontre avec les services techniques à l’issue de laquelle des mesures idoines ont été prises.
FOUNDIOUGNE- Il est sans doute une bénédiction pour la population de Foundiougne. De par sa beauté architecturale, le pont Nelson Mandela, construit en hauteur, reflète un paysage à couper le souffle. Sa longueur estimée à 1,6 km fait de lui un ouvrage unique dans son genre. La fraîcheur du bras de mer qu’il surplombe, les pirogues voguant sous ses pieds, bref, c’est un joyau au charme irrésistible. De loin, l’infrastructure inspire une scolopendre, avec notamment ses nombreux piliers enfoncés solidement dans l’eau. Un voyage crépusculaire, voire nocturne suffit largement pour s’apercevoir du décor paradisiaque créé par la fusion des lumières de la ville et la tranquillité du lit du fleuve qui arrose les maisons à proximité immédiate. Inauguré en mars 2022 par le président Macky Sall, celui-ci a bien raison de mettre ce bijou de franchissement à la disposition des populations du département. Depuis lors, les déplacements des personnes et des biens se font dans les règles de l’art. En un temps record, on est à l’autre bout du monde.
Cependant, tout n’est pas rose avec ce gigantesque ouvrage. Depuis son inauguration, des cas d’accidents sont souvent signalés au niveau du rond-point servant de pénétration dans la ville. Au moins, on en compte dix-neuf (19) si on s’en tient aux chiffres avancés par le préfet Jean-Paul Malick Faye. Hélas, le dernier en date a emporté une adolescente de 15 ans. Venue passer ses vacances à Foundiougne, elle a été mortellement fauchée par un camion qui avait perdu l’équilibre au moment de prendre le rond-point
En effet, aussitôt sortie du pont, les voitures suivent une légère pente pour emprunter le rond-point en question. Cette ligne plus ou moins inclinée favorise les accidents et fait du fameux rond-point un cauchemar pour les populations. À en croire le préfet de Foundiougne, “beaucoup de voitures se sont déjà renversées ici”.
Confirmant l’autorité préfectorale, le directeur d’exploitation de la Société nationale Autoroutes du Sénégal (SA) rappelle un fait malheureux. “Auparavant, les accidents ont causé des dégâts matériels avec la détérioration de cantines, de concessions…Ce sont surtout les camions poids-lourd qui viennent du pont à des vitesses parfois non contrôlées qui font ces dégâts”, regrette Abdoulaye Thiam.
Ainsi, l’urgence de faire face au problème s’impose. C’est en ce sens que le préfet a récemment convoqué une rencontre pour trouver les moyens de stopper l’hémorragie.
Mesures…
Ayant mobilisé les services techniques, cette mission d’évaluation du rond-point, initiée par le préfet, a fait sortir un certain nombre de solutions consistant à prendre des mesures sur le cours, le moyen et le long terme. “Nous avons convié les services techniques pour pouvoir identifier, ensemble, les zones accidentogènes et les risques qui se posent”, a fait savoir M. Faye.
D’abord pour les mesures urgentes, il fallait déplacer les glissières en béton armé (GBA) de la gauche vers la droite où les risques sont plus élevés pour ensuite créer une sorte de couloir sécurisé pour les piétons. Comme promis, le travail a été fait par M.Thiam et son équipe 48h après la réunion convoquée par le préfet. Mieux, le directeur de SA a rassuré les populations de la mise en place prochaine de catadioptres. Sans oublier surtout la campagne de sensibilisation auprès des populations, comme annoncé par le préfet.
En outre, M. Faye et les services techniques ont convenu de mettre en place des bandes rugueuses en amont du giratoire, à la sortie du pont, d’améliorer la visibilité du rond-point ainsi que du trottoir…Une saisine de l’Ageroute pour des solutions pérennes a également été envisagée.
De l’avis de Farba Diouf, rédacteur en chef de la radio communautaire Foundiougne FM, il faudra poursuivre les efforts pour arriver à une solution définitive. Membre du comité de suivi de l’évaluation de la sécurité du pont, M. Diouf estime que “le ministère de tutelle et la Direction des arts et ouvrages doivent s’asseoir autour d’une table pour faire un audit exhaustif afin de parvenir à une solution définitive”. Mieux, le journaliste propose même, dans la mesure du possible, de déplacer le rond-point de 100 à 150 mètres.
En tout état de cause, le pont Nelson Mandela, dont le coût est estimé à environ 40 milliards de Fcfa, reste un ouvrage de référence qui a largement contribué au désenclavement du département de Foundiougne, notamment la zone insulaire.
El hadji Fodé SARR (Correspondant)


