Originaire de Kolda et installé au marché Hlm 5 depuis plus de dix ans, Cheikh Omar Diallo, alias « Maechel », s’est progressivement imposé comme l’un des pionniers du henné au stylo, communément appelé « bic bi ». Parti de petits services rendus aux clients du marché, il a transformé sa passion pour le dessin en une activité génératrice de revenus.
La quarantaine, de taille moyenne, Cheikh Omar Diallo est aujourd’hui une figure connue des habituées du marché Hlm 5 de Dakar. Originaire de Kolda, il y exerce depuis plus de dix ans et s’est spécialisé dans une pratique particulière, le henné au stylo, communément appelé « bic bi ». À ses débuts, la réalité était pourtant bien différente. Arrivé au marché avec peu de moyens, Cheikh Omar Diallo aidait les clients à porter leurs bagages. En retour, il recevait quelques pièces de monnaie. Une situation qui l’a progressivement poussé à chercher une autre activité. « Au fil des années, j’ai pensé à faire autre chose que de tendre la main pour obtenir des miettes. J’ai pris mon destin en main avant de me lancer comme prestataire de henné au stylo », explique-t-il. Passionné depuis toujours par le dessin, il décide alors de mettre son talent à profit en reproduisant sur les mains et les pieds des motifs inspirés du henné traditionnel. Mais contrairement au henné classique, cette technique ne nécessite pas de poudre de henné. Les dessins sont réalisés à l’aide d’un stylo et d’une encre de couleur similaire à celle du henné.
Spirales, formes géométriques et différents motifs décoratifs prennent ainsi progressivement forme sous ses doigts. Si son talent lui semble naturel, les débuts n’ont pas été faciles. Certaines clientes n’hésitaient pas à lui faire des remarques sur les modèles proposés. Ces critiques lui ont toutefois permis de se perfectionner et d’améliorer ses créations au fil du temps. Aujourd’hui, son espace ne désemplit pas, particulièrement à l’approche des grandes fêtes religieuses comme la Korité et la Tabaski. Sa réputation dépasse même les limites du marché. Des femmes et de jeunes dames font appel à ses services à domicile, notamment à l’occasion des mariages et des baptêmes. Avec le temps, Cheikh Omar Diallo a également diversifié ses prestations. En plus du henné au stylo, il propose désormais des services de manucure et de pédicure, élargissant ainsi sa clientèle et ses sources de revenus. Sur le plan financier, l’activité semble plutôt rentable. Selon lui, les recettes journalières peuvent varier entre 10.000 et 50.000 FCfa pendant les jours ordinaires. « Lors des grandes fêtes, elles peuvent dépasser 100.000 FCfa, sans compter les prestations à domicile, qui font l’objet d’une tarification différente », a-t-il indiqué. Pour Cheikh Omar Diallo, ce métier représente bien plus qu’une simple activité commerciale. Il lui a permis de réaliser plusieurs projets personnels et familiaux. « C’est une activité passionnante qui paye bien. C’est grâce aux économies réalisées que j’ai pu prendre une femme qui est restée au village. J’ai aussi baptisé mes enfants grâce aux revenus du henné », confie-t-il. Aujourd’hui, son ambition est de finaliser la construction de sa maison. Un projet pour lequel il compte encore sur les revenus tirés de son activité.
Malgré ces avancées, Cheikh Omar Diallo déplore les difficultés liées à l’espace de travail. Selon lui, les prestataires ne disposent pas d’une grande place au sein du marché pour accueillir convenablement un nombre important de clientes. Une situation qui limite, à ses yeux, les possibilités de développement de cette activité devenue, au fil des années, une véritable source de revenus pour les prestataires.
Par Maguette Guèye DIÉDHIOU

