Malgré un environnement international marqué par les conflits géopolitiques et les incertitudes économiques, l’Afrique de l’Ouest devrait conserver une trajectoire de croissance solide. C’est ce que révèle le rapport 2026 de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, qui prévoit une croissance comprise entre 4,7 % et 4,9 % au cours des deux prochaines années.
Le rapport West African Development Outlook (WADO) 2026, d’après l’APS, publié par la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, dresse un tableau globalement favorable de la conjoncture économique ouest-africaine. Intitulé « Perspectives de développement en Afrique de l’Ouest : Turbulences lointaines, chocs familiers », il indique que la croissance régionale est passée de 4,7 % en 2024 à 4,8 % en 2025 et devrait se maintenir entre 4,7 % en 2026 et 4,9 % en 2027.
Cette dynamique s’est accompagnée d’une amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques. L’inflation moyenne a notamment reculé de près de neuf points de pourcentage pour atteindre 16,8 % en 2025, grâce à la baisse des prix des produits alimentaires et énergétiques ainsi qu’à une plus grande stabilité des monnaies de la région.
Les finances publiques affichent également une évolution favorable. Le déficit budgétaire est passé de -3,7 % du PIB en 2024 à -2,6 % en 2025, porté par une meilleure mobilisation des recettes fiscales, une maîtrise des dépenses publiques et une diminution des charges d’intérêts. Dans le même temps, la dette publique est revenue à 49,3 % du PIB, tandis que le solde du compte courant est passé de 0,3 % à 1,8 % du PIB, confirmant un renforcement de la position extérieure de la sous-région.
Malgré ces performances, la BIDC souligne que la croissance économique reste insuffisamment inclusive. Le rapport constate une aggravation de la pauvreté des travailleurs dans la quasi-totalité des pays ouest-africains, signe que les bénéfices de la reprise économique ne se traduisent pas encore par une amélioration des conditions de vie pour une large partie de la population.
L’institution met également en garde contre plusieurs risques susceptibles de freiner cette dynamique. Parmi eux figurent les dérapages budgétaires, l’insécurité alimentaire, les pressions sur les taux de change, les coupures d’électricité ainsi qu’un éventuel retour des tensions inflationnistes.
Les conflits internationaux continuent d’influencer la région
Le rapport analyse également les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qu’il compare aux effets économiques provoqués par la pandémie de COVID-19 et le conflit en Ukraine. Bien qu’éloignés géographiquement, ces événements continuent de provoquer des perturbations similaires, notamment par la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires.
La BIDC estime toutefois que ces tensions pourraient créer certaines opportunités. Le développement du commerce intrarégional des carburants, des engrais et des produits alimentaires pourrait s’accélérer, avec un rôle moteur attendu du Nigeria. De même, les niveaux élevés des cours du pétrole, de l’or et des minerais offrent aux pays exportateurs des perspectives de recettes supplémentaires et un renforcement de leur stabilité macroéconomique.
Pour la banque régionale, les fondamentaux économiques de l’Afrique de l’Ouest devraient ainsi demeurer solides au cours des prochaines années, soutenus par la poursuite de la désinflation, une réduction progressive de la dette publique et le maintien d’un excédent du compte courant, permettant à la sous-région de préserver une croissance proche de 5 %.

