L’adoption de l’industrialisation verte dans la transformation agroalimentaire pourrait permettre aux petites et moyennes entreprises (PME) sénégalaises de réaliser des gains d’efficacité énergétique compris entre 10 % et 25 %, selon une étude présentée mardi 7 juillet 2026.
Réalisée par le Bureau de mise à niveau (BMN) en partenariat avec l’African Climate Foundation, cette étude, d’après l’APS, met en lumière le potentiel de la transition écologique pour réduire les coûts de production et renforcer l’autonomisation économique des femmes entrepreneures, particulièrement exposées aux effets du changement climatique.
Présentant les conclusions de l’étude, le consultant et auteur du rapport, Mohamed Moussa Sy, a plaidé pour la mise en place de mécanismes de financement adaptés, une meilleure intégration des entreprises dans les agropoles et le renforcement des compétences techniques liées à l’utilisation d’équipements durables.
Selon lui, l’accompagnement des femmes constitue un levier essentiel du développement du secteur agroalimentaire, compte tenu de son poids dans l’économie nationale. « Il est nécessaire de mettre en place des dispositifs d’accompagnement dans les agropoles, tout en orientant véritablement les femmes vers l’industrialisation », a-t-il indiqué.
Le consultant estime également qu’il est impossible de promouvoir une industrialisation verte sans faciliter l’accès des femmes aux équipements modernes. Il a souligné que les technologies vertes requièrent des compétences spécifiques, notamment pour leur gestion et leur maintenance.
« Les résultats montrent un déficit de compétences chez les femmes. Il est impératif de renforcer leurs capacités en gestion et entretien des machines, tout en les accompagnant dans le choix d’équipements adaptés et de fournisseurs fiables », a-t-il expliqué.
L’étude, réalisée auprès de 122 entreprises réparties dans 12 régions du Sénégal, révèle que les femmes représentent 73 % des effectifs du secteur de la transformation agroalimentaire et 96,7 % des personnes interrogées, illustrant leur place prépondérante dans cette filière.
La directrice générale du BMN, Fatou Dyana Ba, a salué ces résultats tout en attirant l’attention sur les difficultés auxquelles font face les entrepreneures.
« Malgré leur volonté d’investir, elles se heurtent à des obstacles structurels, notamment les délestages électriques et le manque de financements verts », a-t-elle relevé.
Elle a toutefois estimé que ces contraintes pourraient être surmontées grâce au déploiement de solutions basées sur l’énergie solaire et à l’amélioration de l’efficacité énergétique, conformément aux recommandations formulées dans l’étude.


