Un atelier de lancement d’un programme de renforcement des capacités des acteurs du biogaz s’est ouvert, le mercredi 3 juin, à Dakar, sous l’impulsion du ministère de l’Énergie et du Conseil exécutif des transports urbains durables. Portée par un partenariat suédois, cette initiative vise à faire du biogaz un levier de souveraineté énergétique et de création d’emplois.
Face à la double pression de la demande énergétique et des impératifs climatiques, le Sénégal entend accélérer le développement du biogaz. En ouvrant, hier, mercredi 3 juin, l’atelier de lancement du programme de renforcement des capacités des acteurs de la filière, la secrétaire permanente à l’Énergie, Oumy Khaïry Diao Diop, a réaffirmé l’ambition des autorités de faire de cette ressource issue de la valorisation des déchets un pilier de la transition énergétique nationale.
Devant des représentants de l’administration, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers, elle a souligné le rôle stratégique que le biogaz est appelé à jouer dans la sécurité énergétique, la mobilité durable et l’économie circulaire. « L’État s’est engagé, à travers la Stratégie nationale de développement et la « Vision Sénégal 2050 », dans une trajectoire ambitieuse qui vise à assurer une croissance durable, sobre en carbone et créatrice d’emplois », a rappelé la responsable.
Une profession de foi qui place la valorisation énergétique des déchets au carrefour de plusieurs priorités : sécurité énergétique, réduction des émissions de gaz à effet de serre et émergence d’une économie circulaire. Le choix du biogaz ne doit rien au hasard. Dans l’esprit des promoteurs du programme, cette source d’énergie renouvelable présente l’avantage d’irriguer simultanément plusieurs secteurs.
En effet, poursuit Mme Diop, le biogaz offre des perspectives concrètes dans le transport, l’agriculture durable, l’assainissement et le développement industriel. « Il ne s’agit pas seulement d’un projet énergétique, mais d’un véritable projet de transformation économique, environnementale et sociale », a-t-elle soutenu, appelant à une mobilisation collective. D’ailleurs, cette approche transversale justifie l’implication étroite du Conseil exécutif des transports urbains durables (Cetud), dirigé par Gora Sarr.
Pour lui, l’introduction du biogaz dans les systèmes de mobilité constitue l’un des axes stratégiques majeurs. « L’ambition est de positionner le Sénégal comme un acteur de référence en matière de mobilité verte en Afrique de l’Ouest », a déclaré le directeur général du Cetud, relevant la nécessité de valoriser les ressources locales, notamment les déchets organiques, dans le but de réduire la dépendance aux énergies fossiles et limiter les émissions polluantes.
Ce programme s’inscrit dans le prolongement d’études de faisabilité menées par le Cetud avec l’appui d’un fonds suédois, puis approfondies grâce à la mobilisation du Conseil international de l’industrie suédoise. « Les analyses préalables ont permis d’établir une base solide -cartographie par le gouvernement, revue du cadre politique et réglementaire, identification des lacunes institutionnelles et techniques- ainsi qu’une étude de référence pour mieux orienter les actions », a détaillé la secrétaire permanente à l’Énergie.
La phase qui débute marque une étape charnière. Elle a pour finalité de structurer la filière émergente en renforçant les compétences techniques et institutionnelles des acteurs nationaux. Pendant plusieurs mois, des modules de formation aborderont les fondamentaux de la production à l’échelle, la structuration du marché national du biogaz, la conception, l’exploitation et la maintenance des installations, mais aussi les mécanismes de financement et les orientations stratégiques nécessaires à l’élaboration d’une vision cohérente.
Pour Gora Sarr, la réussite de cette initiative repose avant tout sur un « engagement collectif » associant institutions publiques, collectivités territoriales, partenaires au développement et secteur privé. Il a salué, à cet égard, le « portage national » assuré par le ministère de l’Énergie, dont le rôle de coordination s’est révélé déterminant pour dépasser une approche initialement centrée sur la seule demande de transport.
Dans cette perspective, les travaux de l’atelier devront aboutir à des propositions concrètes et à des collaborations renforcées. Les promoteurs du programme entendent également faire de cette initiative une base de définition pour un futur cadre stratégique et réglementaire robuste, condition indispensable à l’émergence d’une filière « véritable, viable et durable » au Sénégal.
Pathé NIANG

