Les transferts d’argent de la diaspora sénégalaise franchissent une nouvelle étape. Au-delà du soutien traditionnel aux familles, ils sont désormais appelés à financer directement les initiatives entrepreneuriales. C’est l’ambition du programme Widu.africa, officiellement lancé mardi à Dakar. Portée par la Direction des Sénégalais de l’extérieur et mise en œuvre par la GIZ avec le soutien de l’Allemagne, de l’Union européenne et de la Fondation Gates, l’initiative sera déployée au Sénégal jusqu’en 2028.
En 2024, les Sénégalais établis à l’étranger ont transféré 2 211 milliards de FCFA, soit près de 12 % du produit intérieur brut (PIB). Ces flux financiers, supérieurs au déficit budgétaire national, font du Sénégal le premier bénéficiaire des transferts de sa diaspora en Afrique de l’Ouest. Le défi consiste désormais à orienter une partie de ces ressources vers des investissements créateurs de richesse et d’emplois.
Le programme repose sur un mécanisme de co-investissement. Concrètement, un Sénégalais vivant en Europe peut financer le projet entrepreneurial d’un proche au Sénégal. Après évaluation, Widu.africa complète cet apport par une subvention et un accompagnement technique destinés à renforcer la viabilité du projet. Une plateforme numérique permet également aux membres de la diaspora de suivre, en toute transparence, l’évolution des entreprises qu’ils soutiennent.
L’objectif est de faire des transferts de fonds un véritable levier de développement économique. En ciblant les micro et petites entreprises, le programme entend favoriser la création d’emplois durables, stimuler l’entrepreneuriat local et renforcer l’autonomisation économique, notamment des jeunes et des femmes.
O. FÉDIOR


