L’Agence universitaire de la Francophonie (Auf) a officiellement lancé, mercredi 8 juillet, à Dakar le Urban Skills Innovation Program, une nouvelle composante du projet Urban skills -Mobilité urbaine durable, qui envisage la création d’emploi dans le secteur de l’innovation et du développement durable dans le domaine des Transports. Financé par l’Union européenne et la République fédérale d’Allemagne à travers l’initiative Tei Op-Vet, ce programme ambitionne de faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de proposer des solutions innovantes aux défis de la mobilité urbaine, tout en créant des emplois durables pour la jeunesse sénégalaise.
La cérémonie de lancement du projet Urban Skills, organisée au siège de Dakar Mobilité à Gadaye, marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre d’un projet qui vise à former 600 jeunes et femmes aux métiers de la mobilité urbaine durable et à faciliter leur insertion professionnelle. Au-delà de la formation, le programme innove en consacrant un volet spécifique à l’accompagnement entrepreneurial afin de transformer les compétences acquises en entreprises créatrices de valeur.
Directeur régional adjoint de l’Auf pour l’Afrique de l’Ouest, Aliou Faye a rappelé que cette initiative est portée par l’Auf avec plusieurs partenaires stratégiques, notamment Dakar Mobilité, l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (Isep) de Thiès, chargé de la formation, ainsi que l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej). Selon lui, l’ambition est de répondre simultanément aux besoins de qualification et d’employabilité des jeunes dans un secteur en pleine mutation.
Il a indiqué que le projet avance à un rythme satisfaisant. Sur les 600 bénéficiaires attendus, une première cohorte de 150 jeunes a déjà achevé sa formation et effectue actuellement des stages auprès des entreprises partenaires. Cette immersion professionnelle constitue, selon lui, une étape essentielle pour favoriser une insertion durable dans les métiers émergents de la mobilité.
Miser sur l’innovation pour créer de nouvelles entreprises
Aliou Faye a expliqué que le programme d’innovation repose sur deux axes complémentaires. Le premier concerne l’incubation de 25 porteurs de projets afin de les aider à transformer une idée en entreprise viable. Le second est consacré à l’accélération de cinq jeunes startups disposant déjà d’un projet mature et souhaitant accéder au marché. Pendant six mois, les bénéficiaires recevront un accompagnement technique, du mentorat, un accès à un réseau d’experts ainsi qu’un appui financier destiné à faciliter le lancement de leurs activités.
Pour le responsable de l’Auf,la mobilité urbaine ne se limite plus aux métiers traditionnels du transport. La transition énergétique ouvre désormais la voie à de nouvelles professions liées notamment aux véhicules électriques. Le projet prévoit ainsi de former des techniciens spécialisés dans la maintenance des véhicules électriques, l’installation des bornes de recharge et d’autres compétences répondant aux nouveaux besoins du marché.
Il a insisté sur la nécessité de rapprocher les établissements de formation et les entreprises afin que les programmes pédagogiques correspondent aux réalités du terrain. C’est dans cette perspective que l’Isep de Thiès travaille avec les opérateurs du secteur à l’élaboration de curricula adaptés aux nouveaux métiers de la mobilité durable.
Au-delà des enjeux d’emploi, Aliou Faye estime que cette initiative participe également à la transition écologique du Sénégal. En favorisant l’utilisation de technologies moins polluantes et en préparant les ressources humaines nécessaires à leur déploiement, le projet contribue à construire un système de transport plus respectueux de l’environnement.
Partenaire du projet, Dakar Mobilité, concessionnaire du Bus Rapid Transit (Brt), voit dans cette initiative un levier stratégique pour répondre à ses besoins en ressources humaines.
Son directeur des ressources humaines, Ousseynou Cissokho, a rappelé que la mise en service du Brt a fait émerger de nombreux métiers jusque-là inexistants dans le secteur des transports au Sénégal. Face à cette évolution, il devenait indispensable de disposer de formations capables de produire des profils qualifiés.
Selon lui, la collaboration avec le projet Urban Skills permet précisément de développer des programmes de formation en adéquation avec les besoins réels des entreprises. Les référentiels sont élaborés en concertation avec les professionnels afin de garantir l’employabilité des futurs diplômés.
Il a également souligné que les agents de Dakar Mobilité bénéficient déjà d’une formation initiale complétée par un dispositif permanent de renforcement des capacités. L’apport du projet réside toutefois dans la préparation d’une nouvelle génération de jeunes aptes à intégrer directement les entreprises du secteur.
Illustrant cette dynamique, Ousseynou Cissokho a indiqué qu’une trentaine de jeunes issus de la première cohorte sont actuellement accueillis en stage au sein de Dakar Mobilité. Une expérience qui pourrait, à terme, déboucher sur de véritables opportunités d’insertion professionnelle, confirmant ainsi l’ambition du projet de faire de la mobilité urbaine durable un véritable vecteur d’emploi au Sénégal.
Daouda Diouf


