Le Trésor public apparaît plus que jamais comme un maillon essentiel de la stabilité financière du Sénégal.
C’est le principal enseignement de la journée de réflexion de l’Amicale des inspecteurs du Trésor, tenue samedi à Dakar, autour du thème : « Le Trésor public, pilier des finances : trajectoire d’une administration polyvalente au service de l’État et des autres collectivités publiques ».Ouvrant les travaux, le ministre auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, Bassirou Sarr, a indiqué que les incertitudes de l’économie mondiale et les besoins de financement, toujours plus importants, obligent l’État à renforcer la qualité de sa gouvernance financière. Dans ce contexte, la rationalisation de la dépense publique, l’amélioration de la mobilisation des ressources internes et la maîtrise de la trajectoire d’endettement constituent les principaux leviers de préservation des équilibres macroéconomiques.
Le ministre estime que l’atteinte des objectifs de développement économique passe désormais par une administration financière capable d’assurer une exécution budgétaire irréprochable, une gestion optimisée de la trésorerie et un recouvrement plus efficace des recettes publiques. Répondant aux interrogations suscitées par les réformes institutionnelles en cours, Bassirou Sarr a tenu à rassurer les agents du Trésor. Selon lui, les évolutions engagées ne remettent pas en cause les prérogatives de cette administration ; elles visent plutôt à renforcer son efficacité et à l’adapter aux nouveaux défis de la gestion publique.
M. Sarr a rappelé que plusieurs principes continueront de structurer l’architecture des finances publiques. La séparation entre ordonnateurs et comptables, la centralisation comptable, l’unicité de la chaîne de recouvrement ainsi que la distinction entre la gestion des actifs et celle du passif de l’État demeurent, selon lui, des garanties indispensables de transparence, de sécurité juridique et de crédibilité budgétaire. Dans cette logique, le Trésor conservera pleinement son rôle de caisse unique de l’État et d’acteur central de la gestion de la trésorerie publique.
Modernisation administrative
Pour le directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor, Amadou Tidiane Gaye, la Dgcpt s’est progressivement imposée comme une administration financière polyvalente, conciliant les exigences de régularité comptable avec les impératifs d’efficacité économique. La transformation numérique constitue également l’un des principaux chantiers de modernisation de la Dgcpt. Pour M. Gaye, cette modernisation ne saurait toutefois s’opérer au détriment des principes qui fondent la gestion des finances publiques, mais doit plutôt consolider les mécanismes de contrôle.
O. FÉDIOR

