Le voyage à bord du train trans-tibétain reliant la capitale du Xizang (Tibet), Lasha, à Xining, capitale du Qinghai, est une promenade sur la scène de la voie ferrée. Sur les plus hautes altitudes chinoises, le train descend entre les paysages magnifiques sur 1500 kilomètres pour permettre aux touristes d’avoir une expérience extraordinaire pendant 22 heures de trajet.
BEIJING – Le train trans-tibétain Lasha-Xining relie la capitale du Xizang (Tibet) à Xining, capitale de la province du Qinghai, au centre de la Chine. Ce train permet de faire un voyage de 1.500 kilomètres à travers les montagnes du Tibet sur une altitude de 5.000 mètres et l’impressionnant plateau de cette province dite aussi Xizang. Ce n’est pas le Tgv chinois connu pour sa grande vitesse, mais un train de découverte qui prend son temps pour permettre aux voyageurs de contempler la beauté des paysages. Les chaines de montagnes du Tibet, parfois recouvertes d’un petit tapis herbacé, avec leurs cimes qui ont l’air de toucher les nuages, ou à d’autres endroits couvertes par la neige, défilent sous nos yeux.
Le voyage a démarré par la gare de Lasha, le jeudi 25 juin 2026, à 10 heures, dans la matinée glaciale de cette ville – l’une des plus élevées de Chine. Plus on avance, plus le plateau du Tibet se dévoile avec ses troupeaux de yaks, cette espèce bovine qui vit dans cette région de Chine au climat frais. Ces vaches noires bordent la voie ferrée sur plusieurs centaines de kilomètres. Plusieurs villages tibétains de la région administrative autonome de Xizang (Tibet) sont implantés aux flancs des montagnes.
La journaliste Song Jun, du groupe de presse tibétain « China Tibet Online », nous confesse que « les yaks qui y vivent sont originaires de ces régions de montagnes escarpées du Tibet où il fait très frais. Ils ne peuvent pas vivre dans des températures chaudes », ajoute la journaliste.
Les chaines de montagnes de l’Himalaya sont juste de l’autre côté de la capitale du Zizang ou Tibet, nous rappelle Song Jun. Le mont Everest se trouve aussi dans la même zone, vers la frontière frontalière avec le Népal.
Le train Lasha-Xining traverse plusieurs paysages pittoresques dont le lac Cuona (noir) sur une altitude de 4500 mètres. C’est le lac d’eau douce le plus haut au monde. Ce cours d’eau est symbolique et très respecté par les populations tibétaines locales qui viennent y effectuer des prières traditionnelles, et s’y regroupent lors des fêtes. « Diverses espèces d’oiseaux comme l’oie à tête tachetée et des canards sauvages y vivent », affirme M. Ma, membre du staff du train. Ce dernier fait aussi noter que le lac Cuono est la source du fleuve Nu (fleuve en colère en chinois) long de 2.820 kilomètres et qui se jette dans l’océan Indien. D’autres grands fleuves de Chine prennent également leur source de ce lac : le fleuve Yangtze, la rivière Langkang.
Après plus de 700 kilomètres parcourus en plus de 7 heures, un mouvement de passagers se bousculant aux fenêtres du côté droit du train se produit pour observer le spectacle qui s’offre à leurs yeux. Il s’agit des montagnes Tanggula qui se trouvent au cœur du plateau Qinghai-Xizang à la frontière des provinces du Qinghai et du Xizang. La hauteur de ces chaines de montagnes est de plus de 5.500 mètres.
Le plus haut sommet, Geladandong, culmine à plus de 6.000 mètres au-dessus du niveau de la mer. La gare Tanggula se dresse à 5 068 mètres d’altitude. C’est l’endroit touristique le plus populaire de ce chemin de fer. « Cet endroit a un permafrost spécial. Des vents forts y soufflent toute l’année. Si vous avez de la chance, vous pouvez voir des antilopes de Xizang et d’autres animaux sauvages comme les singes.
Lors de la construction du chemin de fer Qinghai-Xizang, on a laissé des passages spéciaux pour que ces animaux migrent », a indiqué Ma Junyoj, capitaine, chef du train qui fait aussi office de guide à bord. Le capitaine du train estime que ce voyage est le seul au monde qui permet aux passagers de rouler pendant dix heures de temps en pleine nature laissée intacte sans agression de l’homme entre les plateaux du Xizang et du Qinghai.
Ainsi, on a traversé plusieurs parcs nationaux. Et à chaque fois, on reçoit des messages de la société de Télécommunications de Chine : « Administration du parc national de Sanjiangyuan : Vous êtes entré dans la réserve de Hoh Xil, au sein du parc national de Sanjiangyuan. Il s’agit de la réserve naturelle la plus élevée et la plus fragile écologiquement de Chine, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Toute intrusion illégale est strictement interdite. Merci de ne pas jeter de déchets, de ne pas déranger, ni nourrir les animaux sauvages. Ensemble, promouvons un tourisme responsable, préservons l’environnement et protégeons la nature ». Le capitaine du train, Ma Junyoj, souligne que compte tenu de la forte demande des voyageurs et des touristes, la fréquence est de 8 trains par jour. Le train est composé de 14 voitures (wagons) et roule jusqu’à 120 kilomètres par heure et peut transporter 702 personnes. La destination finale, Xining, capitale de la province du Qinghai, au centre de la Chine, est une ville essentielle et une sorte de lieu de connexion pour les voyageurs et touristes venant de Shangaï, Beijing, Ganzhou. De là, ils peuvent prendre le train pour Lasha, capitale du Xizang (Tibet).
Le train permet non seulement de découvrir des paysages captivants mais fait vivre aussi aux étrangers des expériences uniques comme observer le soleil après 21 heures. Dans la zone, le soleil se couche tardivement comme dans l’ouest de la Chine. Cependant, dès 22 heures, l’équipage annonce l’extinction des feux dans le train. Tout le monde rejoint les cabines de couchage. Plusieurs compartiments sont installés dans le train avec des lits superposés. C’est le lendemain vers 8 heures que nous sommes arrivés à la gare de Xining avec l’équipe des professionnels africains du rail. Ce voyage dit « Rendez-vous of the Sky Road : Qinghai-Xizang Railwails Tour for African professessionals » a été organisé par les autorités chinoises dans le cadre de la célébration du 20e anniversaire du chemin de fer Xizang-Qinghai. La Chine entend ainsi développer son partenariat dans ce domaine avec les pays africains, car le train réduit les grandes distances entre les villes et les pays et favorise le développement.
À Xining, ville très développée, on peut aussi visiter plusieurs sites dont celui du monastère de Kumbum, temple des moines. En 1930, un riche marchand a donné plus de 3 millions de yuans pour la construction dudit temple. Sur l’esplanade du temple, 8 pagodes blanches de 6,4 mètres représentent la bien-aimée en langue tibétaine. Trois tours y trônent, dont celle représentant le Bouddha accompli.
L’édifice le plus majestueux est le cœur du monastère construit sous la dynastie Ming avec un toit doré qui a nécessité l’utilisation de 160 kilogrammes d’or. Les moines bouddhistes sont chargés de l’entretien des lieux. Sur place, on a trouvé ces derniers pratiquant le prosternement complet. Ils se mettent à plat ventre, front contre terre et se relèvent aussitôt. Ils peuvent répéter ce geste plusieurs fois de 15 minutes à une heure de temps. Cette prosternation propre au bouddhisme tibétain permet selon leur croyance d’accomplir les bienfaits et de voir leur prière exhaussée par les Bouddhas.
Oumar KANDÉ (Correspondant)

