Selon une étude scientifique présentée, vendredi 10 juillet, par l’Amicale des cadres du Port autonome de Dakar (Pad), l’ensemble de l’écosystème portuaire contribue à 19 % du Produit intérieur brut (Pib) du Sénégal, dont 6 % au titre des recettes fiscales. Des chiffres qui illustrent le rôle central de la plateforme portuaire dans la création de richesses, l’emploi et les finances publiques.
L’étude, consacrée à la contribution de l’écosystème portuaire à l’économie nationale, offre pour la première fois une mesure globale des retombées économiques du Port autonome de Dakar (Pad). Au-delà de ses activités traditionnelles de manutention et de transit, le port apparaît comme un puissant levier de croissance, dont les effets irriguent l’ensemble de l’économie nationale. Les données présentées sont éloquentes. Chaque année, le port de Dakar traite 24 millions de tonnes de marchandises, générant une empreinte économique de 3.656 milliards de FCfa. L’activité portuaire procure également 1.105 milliards de FCfa de recettes à l’État, auxquels s’ajoutent 222 milliards de FCfa d’effets induits réinjectés dans l’économie à travers la consommation des ménages et les achats effectués au sein de la chaîne de valeur.
L’impact du Pad dépasse largement les seules activités maritimes. Selon l’étude, l’écosystème portuaire concentre 24 % de la population active du Sénégal avec près de 1,5 million d’emplois (directs, indirects et induits), incluant 42.800 postes directs. Ces résultats confirment le rôle structurant du secteur portuaire dans le tissu économique national et son effet d’entraînement sur de nombreuses filières, notamment le transport, la logistique, le commerce et les services.
Les perspectives sont tout aussi ambitieuses. À l’horizon 2035, les 11 concessionnaires opérant dans l’enceinte portuaire prévoient de mobiliser 1.100 milliards de FCfa d’investissements destinés à renforcer les infrastructures et à améliorer la compétitivité de la plateforme.
Pour le directeur général du Pad, Waly Diouf Bodiang, ces résultats apportent une mesure objective de la contribution du port à l’économie nationale et constituent un outil d’aide à la décision pour les pouvoirs publics. Il estime que le repositionnement stratégique du Port autonome de Dakar ouvre une nouvelle phase de développement destinée à adapter la plateforme aux mutations du commerce maritime international.
Cette ambition repose notamment sur le développement du port de Ndayane, la modernisation des infrastructures existantes, la transition numérique, l’amélioration continue de la qualité des services et le renforcement de la compétitivité logistique. Le président de l’Amicale des cadres du Pad, Abdoulaye Sogue, a, pour sa part, souligné que cette étude permet désormais de mesurer, avec précision, la valeur créée par l’écosystème portuaire. Selon lui, un secteur portuaire performant constitue un puissant levier de croissance, d’intégration régionale et de transformation structurelle de l’économie sénégalaise.
Bada MBATHIE

