À travers le Projet d’appui à la compétitivité agricole et à l’élevage (Pcae), l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) intensifie ses efforts pour garantir la disponibilité de semences de qualité au Sénégal.
SAINT-LOUIS- Dans le cadre de la mise en oeuvre du Projet d’appui à la compétitivité agricole et à l’élevage (Pcae), l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) poursuit un vaste programme de production de semences pré-base destinées à approvisionner durablement les filières agricoles nationales.
À Saint-Louis, les équipes de recherche et leurs partenaires travaillent à renforcer la disponibilité de semences certifiées, considérées comme le premier levier d’amélioration de la productivité agricole. Selon le Dr Baboukar Bamba, agronome et chercheur au Centre de recherche agricole de Saint-Louis, la finalité du Pcae pour ce qui concerne l’Isra, c’est d’arriver à l’autosuffisance en semences qui constituent l’intrant de base. Sans semences pré-base, il est impossible de développer les autres niveaux de production », a-t-il expliqué, jeudi 11 juin, lors d’une visite à Saint-Louis.
Les travaux portent notamment sur le blé et le riz. S’agissant du blé, deux hectares de semences pré-base ont été emblavés dans les stations de Fanaye et Ndiol, dans le département de Podor, durant la contre-saison froide. Les récoltes étant terminées, les équipes se consacrent désormais aux opérations post-récolte, spécialement le battage, le vannage et le conditionnement.
Pour le riz, les efforts sont encore plus importants. Neuf hectares ont été emblavés dans les stations de Ndiol et Fanaye pour la multiplication de nouvelles variétés, telles que Isri 2, Isri 7, Isri 12, Isri 15 et Isri 16. Ces dernières doivent permettre le renforcement l’offre nationale en semences pré-base et soutenir les multiplicateurs agréés.
Synergies
À l’installation agricole Serigne Bassirou Mbacké de Ndiol, les activités de recherche et de multiplication de semences occupent une place centrale. Le chef d’installation, Moussa Kandé, rappelle que l’enjeu dépasse largement la simple production agricole. Sur le site, trois hectares sont consacrés à la multiplication de semences, tandis qu’un hectare est réservé aux activités de sélection et d’expérimentation. Les chercheurs espèrent atteindre les volumes prévus après deux à trois cycles de production.
Pour les responsables du projet, la maîtrise de la qualité génétique des semences demeure une priorité absolue afin de mettre à la disposition du monde rural des variétés performantes et adaptées aux conditions agroécologiques du pays.
Le Projet d’appui à la compétitivité agricole et à l’élevage (Pcae) favorise également les synergies entre les institutions de recherche et les établissements d’enseignement supérieur. À l’Université Gaston Berger (Ugb), des parcelles de production de semences servent à la fois à la recherche appliquée et à la formation des étudiants. Justin Kanfany, enseignant-chercheur au Département de Production végétale et agronomique, salue cette collaboration avec l’Isra.
L’Ugb participe actuellement à la production de semences de sorgho pour le compte du Centre national de recherches agronomiques de Bambey. Cette expérience permet aux futurs ingénieurs agronomes de se confronter aux réalités du terrain. Parmi les difficultés rencontrées figure la pression exercée par les oiseaux sur les parcelles semencières.
Jeanne SAGNA (Correspondante)

