Longtemps considérée comme une ville-carrefour tournée vers le rail, le commerce et les échanges sous-régionaux, Tambacounda cherche aujourd’hui à renouer avec son ambition de pôle stratégique du Sénégal oriental. Dernière ses grandes artères traversées par les camions en provenance du Mali ou de Dakar, la capitale orientale demeure cependant confrontée à d’importants défis d’infrastructures, d’équipements et de modernisation. Les reportages que nous avons réalisés sur place renseignent ainsi sur une région qui tente de préserver son patrimoine tout en regardant vers l’avenir.
Au village artisanal, les occupants continuent de faire vivre l’artisanat local malgré la vétusté du site, le manque de financements et les difficultés d’accès aux matières premières. Sculpteurs, cordonniers, couturiers et décorateurs maintiennent une activité économique fragile, mais essentielle pour l’identité culturelle de la région. C’est pourquoi ils réclament tous une réhabilitation du village pour mieux valoriser le savoir-faire local.
L’envie de renouveau se découvre également à travers le patrimoine administratif de la ville. La rénovation du bâtiment de la préfecture, édifice emblématique hérité de la période coloniale, symbolise une tentative de réconciliation entre mémoire et modernité. Derrière ses murs chargés d’histoire, où serait passée Aline Sitoé Diatta avant sa déportation, se joue aussi la question de la conservation du patrimoine bâti de la région.
Dans le même temps, Tambacounda s’appuie sur ses institutions éducatives pour préparer l’avenir. Le lycée Mama Cheikh Mbaye, véritable creuset de l’intelligentsia locale depuis plus de quarante ans, continue d’incarner l’excellence scolaire dans une région vaste et longtemps enclavée. Sa récente rénovation reflète aussi la volonté de préserver ce symbole de formation des jeunes.
À l’heure où l’on travaille pour le renouveau du rail, ces efforts déployés pour relever les difficultés traduisent pour ainsi dire l’aspiration d’une région qui refuse le déclassement et veut pleinement tirer profit de toutes ses potentialités.
Par Souleymane WANE

