La coalition Publiez Ce Que Vous Payez Sénégal, en partenariat avec le Natural Resource Governance Institute, a appelé ce vendredi les autorités sénégalaises à aligner la réforme des codes extractifs sur les engagements climatiques internationaux, notamment ceux découlant de l’Accord de Paris.
Dans une note de presse rendue publique lors d’un point de presse, la coalition souligne qu’« à l’heure où le Sénégal entre pleinement dans l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières », il est impératif d’intégrer « les enjeux climatiques, notamment la gestion des émissions de gaz à effet de serre (GES) » dans le cadre législatif en cours de révision.
Avec le démarrage de projets structurants comme Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim, la société civile estime que « le développement du secteur extractif doit impérativement être compatible avec les engagements climatiques du pays », en particulier sa Contribution déterminée au niveau national (CDN).
La coalition met en exergue un « angle mort des réformes en cours » : les émissions de méthane, un gaz « particulièrement réchauffant ». Elle précise que ces émissions proviennent « des fuites d’infrastructures, du torchage (flaring), du dégazage (venting) ainsi que des opérations de production et de transport ».
Selon la Publiez Ce Que Vous Payez Sénégal, le cadre juridique actuel présente « plusieurs insuffisances majeures », parmi lesquelles « l’absence d’obligation stricte de mesure et de reporting des émissions », « le manque de transparence sur les données environnementales » et « la faiblesse des dispositifs de contrôle et de sanction ». Elle déplore également « l’absence de normes claires pour limiter le torchage et les fuites de méthane ».
Tout en saluant la révision des codes extractifs engagée par l’État, la coalition plaide pour « plus d’inclusion », appelant à « la participation des communautés locales (femmes, jeunes, personnes handicapées) » et à « l’implication des organisations de base ».
À l’issue de consultations avec plusieurs institutions, dont le COS-PETROGAZ, le CN-ITIE, le GES-PETROGAZ et la Commission Énergie de l’Assemblée nationale, la société civile formule une série de recommandations.
Elle préconise notamment « l’intégration de mécanismes obligatoires de mesure, reporting et vérification (MRV) des émissions de GES », « l’encadrement strict du torchage et du dégazage » ainsi que « la transparence des données environnementales ».
La coalition az enfin appelé les autorités à « adopter une réforme des codes extractifs inclusive, transparente, responsable sur le plan environnemental, et compatible avec une trajectoire de développement bas carbone », tout en invitant les partenaires techniques et financiers à « soutenir cette dynamique ».


