Les chantiers de digitalisation du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sont aujourd’hui en pleine expansion dans tous les secteurs. C’est dans ce sens que le ministre de tutelle, le Pr Daouda Ngom, a ordonné jeudi l’installation d’un comité de sécurité des systèmes d’information au sein de son département.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Daouda Ngom, a présidé ce jeudi 16 avril 2026 une rencontre stratégique consacrée à l’évaluation du niveau de maturité en cybersécurité des infrastructures d’information critiques, organisée par le Centre des réseaux et des systèmes d’information.
L’information, c’est le pouvoir, souligne le ministre, et préserver sa crédibilité passe inéluctablement selon lui par une politique rigoureuse de sécurité des systèmes d’information et des infrastructures critiques, fondée sur une approche globale intégrant la confidentialité, la sécurité, la disponibilité et l’intégrité des données.
« Nos infrastructures numériques qui portent des données sensibles, relatives au personnel, aux étudiants, aux matériaux sensibles et à nos activités, sont exposées à des menaces croissantes. Dans ce contexte, la cybersécurité ne peut plus être perçue comme une simple exigence technique. Elle devient un impératif stratégique », a-t-il relevé.
Mobiliser des compétences en protection des données
Dès lors, estime le Pr Daouda Ngom, il ne suffit plus de disposer de responsables de sécurité des systèmes d’information. Il est également essentiel de mobiliser des compétences en protection des données, tout en renforçant la sensibilisation et la formation des utilisateurs, souvent maillons faibles de la chaîne de sécurité.
« Une évaluation permanente du niveau de maturité en cybersécurité s’impose, appuyée par une veille technologique continue et des investissements adaptés en ressources humaines, matérielles et financières », a-t-il affirmé.
Dans cette perspective, il trouve que la mise en place de dispositifs structurants tels que des SOC, Security Operations Center, et des Computer Emergency Response Team (CERT), adossés à une gouvernance efficace des données, à une évaluation rigoureuse des risques et à une conformité agile, constitue une orientation majeure en suite de l’adaptation constante de l’arsenal juridique du Sénégal.
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La prise en charge de cette exigence de sécurité s’inscrit pleinement dans la politique de l’État en matière de sécurité des systèmes d’information, telle que définie au plus haut niveau par le président de la République et mise en œuvre par la Direction générale des Chiffres et de la Sécurité des Systèmes d’Information.
« Il nous appartient donc, collectivement, de nous approprier cette politique et de la traduire concrètement dans nos pratiques quotidiennes, à travers la résilience, l’agilité et la proactivité dans un cyberespace en permanence menacé », a-t-il renchéri.
Appliquer rigoureusement les textes dédiés à la cybersécurité
Il s’agira aussi de veiller à l’application rigoureuse des textes dédiés à la cybersécurité, ainsi qu’aux règlements édictés dans l’instruction présidentielle du 13 janvier 2021 sur la protection du secret. Face aux cyberattaques d’ici et d’ailleurs, il est impératif selon le ministre que les universités, les écoles, les instituts, directions et centres des œuvres fédèrent leurs efforts dans une synergie d’action. Il ne serait question d’évoluer en silos ou en ordres dispersés.
« Au contraire, nous devons décloisonner les ressources, mutualiser les expertises et favoriser l’interopérabilité. Au-delà de la posture défensive de protection de nos infrastructures, les ambitions du département devraient être portées sur le développement d’une véritable ingénierie de la cybersécurité, de portée nationale voire internationale », a-t-il soutenu.
Un comité de sécurité des systèmes d’information, une urgence
C’est dans cet esprit qu’il engage ses services compétents à mettre en place, dans les meilleurs délais, un comité de sécurité des systèmes d’information dédié à l’écosystème de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation.
« Par ailleurs, une attention particulière devra être accordée à l’adéquation entre les profils et les postes au sein des équipes IT, ainsi qu’au partage des bonnes pratiques. L’alignement de nos systèmes d’information avec les nouvelles technologies et les référentiels du CAMES demeure à cet égard un objectif fondamental », a-t-il fait savoir.
La sécurité est globale, asymétrique et surtout collective. Elle mobilise les technologies les plus avancées comme le numérique, l’intelligence artificielle, la robotique, mais repose avant tout sur l’humain.
« Je vous exhorte ainsi à renforcer votre contribution à l’édification d’un écosystème d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation, capable non seulement de s’adapter aux évolutions technologiques, mais surtout de les anticiper et de les maîtriser », a conclu le Pr Daouda Ngom.
Mariama DIEME


